Lorsque le rideau se lève, vous vous trouvez au cœur d’un bois, à la croisée de trois chemins. Dans un coin de l’écran, vous remarquez l’entrée d’une grotte. A l’intérieur, un vieil ermite garde une épée de fortune et prononce ces mots, restés célèbres : « C’est dangereux de partir seul ! Prends ceci. » Cette injonction condense à elle seule les promesses de danger et d’évasion de The Legend of Zelda.
Le 21 février 1986, les premiers joueurs découvraient la quête de l’aventurier en tunique verte, Link, pour libérer la princesse Zelda. Depuis, une vingtaine d’épisodes du jeu sont sortis, entre ruptures (The Adventure en Link, 1987) et renaissances (Ocarina of Time, 1998). Mais le miracle du tout premier épisode continue d’en faire une référence pour Nintendo.
Débuté peu avant le développement de Super Mario Bros. (1985) puis conçu en parallèle par les mêmes créateurs, Shigeru Miyamoto et Takashi Tezuka, le jeu poursuit des intentions contraires. « Mario » est un jeu de plateforme à défilement horizontal, quand « Zelda » est disposé en tableaux fixes vus du dessus. Dans le premier, le personnage court contre la montre au fil d’une progression linéaire, proche des jeux d’arcade qui suivent les lois du « game over » et des sessions courtes. Dans le second, le héros vagabonde à l’intérieur d’un monde enchevêtré, criblé de labyrinthes, tandis que le joueur peut sauvegarder sa partie à sa guise.
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