C’est une histoire qui a agité le microcosme du jeu vidéo et de la bande dessinée française. Tout commence début mars 2026, quand l’auteur Olivier Gay révèle avoir reçu un courrier d’avocat de la part de Sandfall Interactive. Le studio, auréolé du succès critique et commercial de son RPG Clair Obscur: Expedition 33, lui somme de cesser la commercialisation de sa BD, L’Académie Clair-Obscur. La raison ? Un risque de confusion pour le public et une volonté de protéger une marque devenue très lucrative. La nouvelle a provoqué une levée de boucliers immédiate sur les réseaux sociaux.
Comment un simple nom a-t-il pu déclencher une telle tempête médiatique ?
La polémique a enflé à une vitesse folle. D’un côté, un studio qui cherche à sécuriser son investissement. De l’autre, un auteur et sa maison d’édition, Drakoo, qui se retrouvent sous pression pour un titre utilisant une expression du domaine artistique commun. L’auteur a rapidement précisé que le projet de sa BD datait de 2019, bien avant l’annonce du jeu vidéo Clair Obscur, écartant toute intention de « surfer » sur le succès du jeu. Beaucoup y ont vu une manœuvre disproportionnée, le fameux combat de David contre Goliath.
Communiqué à propos de la bande dessinée L’Académie Clair-Obscur. Les équipes Drakoo et Sandfall Interactive travaillent ensemble pour trouver une solution. Merci à toutes et tous pour votre soutien envers les auteurs Olivier Gay et Grelin.
— Drakoo (@drakooeditions.bsky.social) 2026-03-09T15:29:02.269Z
L’indignation du public a été un véritable catalyseur. Les communautés de joueurs et de lecteurs se sont massivement rangées du côté d’ Olivier Gay, critiquant ce qui a été perçu comme une tentative d’appropriation d’un terme appartenant à l’histoire de l’art. Cette pression populaire a transformé un litige juridique en un véritable cas d’école sur la communication de crise et l’image de marque à l’ère numérique.
Pourquoi le studio a-t-il finalement fait machine arrière ?
Confronté à ce qui devenait un sérieux revers d’image, le studio Sandfall Interactive a rapidement changé de stratégie. Fini la confrontation, place à l’apaisement. Dans un communiqué officiel, le studio a présenté ses excuses pour le délai de réaction, expliquant que la situation était « nouvelle » et « complexe à gérer ».
Surtout, la direction a désavoué ses propres avocats. L’action en justice, selon eux, « ne correspond pas » aux valeurs de l’entreprise. Ils ont affirmé que le rôle de leur représentant légal est de les protéger des contrefaçons, mais que cette démarche était un excès de zèle regrettable. Un rétropédalage en règle, conclu par des vœux de « plein de succès » à l’auteur, qui met fin à l’affaire et cherche à éteindre l’incendie médiatique.
Cette affaire révèle-t-elle une faille dans la protection des marques ?
Au-delà de l’anecdote, cet épisode soulève une question fondamentale sur la propriété intellectuelle. Un terme générique comme « clair-obscur » peut-il être privatisé ? Comme l’a rappelé l’expert Yann Basire, la protection ne porte pas sur le mot en soi, mais sur son usage dans une catégorie précise de produits, comme les jeux vidéo. Le problème n’était donc pas tant la légitimité de la démarche que sa méthode, jugée agressive et maladroite.
Cette histoire se termine bien pour tout le monde. L’auteur a bénéficié d’une publicité inattendue pour sa bande dessinée, et le studio a su corriger le tir avant que les dégâts sur son image ne soient irréparables. Elle nous rappelle cependant que dans un monde hyperconnecté, une action juridique perçue comme injuste peut très vite se transformer en cauchemar de relations publiques.
Foire Aux Questions (FAQ)
Qui sont les principaux acteurs de cette affaire ?
L’affaire oppose le studio de jeu vidéo français Sandfall Interactive, créateur du jeu Clair Obscur: Expedition 33, à Olivier Gay, l’auteur de la bande dessinée L’Académie Clair-Obscur, et sa maison d’édition Drakoo.
Quelle a été l’issue du conflit ?
Le conflit s’est résolu à l’amiable. Sandfall Interactive a retiré sa mise en demeure, s’est excusé publiquement et a désavoué l’initiative de ses représentants légaux, mettant fin à toute poursuite.
Le terme « Clair Obscur » peut-il être déposé comme une marque ?
Oui, mais de manière limitée. Le terme ne peut pas être protégé dans son sens général (la technique artistique). Cependant, il peut être déposé comme une marque pour une catégorie de produits spécifiques, comme les jeux vidéo, pour éviter la confusion avec des produits concurrents dans le même secteur.
