Les forces de l’ordre ont mis fin aux activités d’un vaste réseau criminel en Albanie. Par le biais de trois call centers et de 450 employés, le réseau est parvenu à dérober 50 millions d’euros à des internautes dans le monde entier.
Derrière des bureaux qui ressemblaient à n’importe quelle entreprise, des centaines d’employés passaient leurs journées à dépouiller des épargnants européens. C’est ce qu’ont découvert les forces de l’ordre dans trois call centers de Tirana, en Albanie, le 17 avril 2026. Au terme d’une enquête commune, menée entre l’Autriche et l’Albanie, et soutenue par Europol et Eurojust, les autorités ont démantelé un vaste réseau d’escroqueries par téléphone.
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Des investissements crypto factices
L’arnaque commence généralement par une publicité sur les réseaux sociaux ou des annonces glissées sur les moteurs de recherche. Intriguée par les promesses de gains, la victime s’inscrit sur une plateforme d’investissement en apparence sérieuse. Bien vite, un conseiller financier va la contacter par téléphone. Payé environ 800 euros par mois, ce faux conseiller parle la langue maternelle de la victime.
Le criminel va lui parler d’opportunités d’investissement dans les cryptomonnaies. Les fraudeurs prenaient parfois le contrôle à distance de l’ordinateur de la victime pour lui montrer de faux tableaux de bord affichant des gains fictifs. Une fois que les fonds sont versés, ils ne seront jamais investis dans des cryptomonnaies. Ils vont être blanchis et venir gonfler les poches de l’organisation criminelle à l’origine de toute l’opération.
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Une double arnaque
Les escrocs ne s’arrêtent pas là. Ils vont jusqu’à viser les personnes qui ont déjà perdu de l’argent à cause d’eux. Après avoir dépouillé des épargnants, ils vont les recontacter sous une autre identité. Prétendant qu’il est possible de récupérer les fonds perdus, ils vont conseiller à la cible d’ouvrir un compte sur une plateforme crypto et de verser 500 euros de « frais ». Là encore, l’argent disparaît et les victimes se retrouvent encore plus pauvres.
Avec ces tactiques frauduleuses, le réseau criminel a dérobé plus de 50 millions d’euros à des victimes dans le monde entier. Des victimes en Italie, en Allemagne, en Grèce, en Espagne, au Canada et au Royaume-Uni ont été identifiées par les enquêteurs.
450 employés dans des call centers en Albanie
L’enquête a été déclenchée en juin 2023 par les autorités autrichiennes, alertées par le nombre croissant de victimes résidant à Vienne. Les enquêteurs ont fini par découvrir une adresse IP localisée en Albanie en avril 2024, ce qui a permis d’orienter les investigations vers Tirana. Les autorités albanaises ont alors ouvert leur propre enquête, menant à la création d’une équipe commune d’investigation sous l’égide d’Eurojust, l’agence européenne chargée de renforcer la coopération judiciaire entre les pays de l’Europe.
Après deux ans d’enquête en Albanie, les autorités ont pu remonter jusqu’à l’emplacement des centres d’appels téléphoniques à l’origine des escroqueries à Tirana. Lors d’un raid, les policiers ont interpellé dix individus, saisi trois call centers et perquisitionné neuf domiciles. Près de 900 000 euros en liquide, 443 ordinateurs et 238 téléphones mobiles ont été saisis.
Selon les investigations, le réseau comptait jusqu’à 450 employés, répartis dans différents départements à la manière d’une entreprise légitime, comme les ressources humaines et l’informatique. Ces « centres d’appels étaient structurés et organisés de manière professionnelle, à l’image de structures d’entreprises légitimes, avec une répartition claire des rôles et une gestion hiérarchique », explique Europol. Les forces de l’ordre étudient actuellement toutes les données récupérées lors des perquisitions. D’autres arrestations ne sont pas exclues.
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Ce démantèlement d’envergure n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs années, les polices européennes multiplient les coups de filet contre ces réseaux de faux conseillers financiers mettant en avant des arnaques crypto. L’an dernier, plusieurs vagues d’arrestations ont d’ailleurs visé des call centers disséminés à travers l’Europe. En dépit des efforts des forces de l’ordre, des réseaux criminels continuent de voir le jour, et de faire des victimes.
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Source :
Europol