L’écosystème Linux est souvent synonyme de légèreté et de longévité pour le matériel ancien. Pourtant, l’évolution des usages et des logiciels impose parfois des ajustements.
Canonical vient d’officialiser un changement notable pour sa distribution phare Ubuntu : la configuration minimale recommandée pour la future version passe à 6 Go de RAM. Les autres exigences, à savoir un processeur double-cœur à 2 GHz et 25 Go d’espace disque, restent inchangées.
Une évolution inscrite dans l’histoire de la distribution
Cette augmentation de 50 % par rapport aux 4 Go précédents n’est pas une décision prise à la légère. Pour bien comprendre ce changement, un retour en arrière s’impose.
La dernière modification significative datait de la version 18.04 LTS (Bionic Beaver), qui avait initialement fixé la barre à 2 Go avant de la rehausser à 4 Go en 2019 suite aux retours de la communauté.
L’exigence de 25 Go d’espace de stockage est, quant à elle, une constante depuis la version 18.04 LTS, et le processeur recommandé n’a pas bougé depuis la 17.10.
Ce nouveau palier pour la RAM s’inscrit donc dans une tendance progressive qui suit la complexification des applications et des environnements de bureau comme GNOME.
Pourquoi une telle augmentation est-elle nécessaire ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette nouvelle recommandation n’est pas le signe d’un système d’exploitation devenu soudainement plus gourmand en ressources.
Canonical qualifie cette mise à jour de « hausse d’honnêteté ». L’objectif est de mieux refléter les conditions d’utilisation réelles en 2026. L’expérience utilisateur ne dépend pas uniquement du système lui-même, mais de tout l’écosystème qui gravite autour.
Les navigateurs web modernes, les applications de productivité et le multitâche intensif consomment une part de plus en plus importante de la mémoire vive. La hausse à 6 Go vise donc à garantir une expérience fluide et réactive lorsque l’utilisateur jongle avec plusieurs onglets, des applications de messagerie et d’autres logiciels ouverts simultanément. C’est une reconnaissance de l’évolution de nos habitudes numériques.
Quelles alternatives pour les configurations plus modestes ?
Que les propriétaires de machines plus anciennes se rassurent : cette recommandation de 6 Go n’est pas une barrière infranchissable. Il sera toujours possible d’installer Ubuntu 26.04 LTS (attendu en version finalisée dans quelques semaines, après sa phase beta actuelle) sur un ordinateur doté de moins de mémoire vive, bien que l’expérience risque d’être plus lente et moins réactive.
Des tests menés sur la version bêta avec seulement 2 Go de RAM ont montré que le système était fonctionnel, mais à la limite de l’utilisable. Pour les machines limitées à 4 Go de RAM, par exemple avec de la mémoire soudée, des solutions existent au sein même de la famille Ubuntu.
Des variantes officielles comme Lubuntu sont spécifiquement conçues pour être plus légères et ont des exigences bien moindres. Une autre option, pour les utilisateurs plus avancés, consiste à utiliser l’installateur réseau (netboot) pour bâtir un système de base minimaliste.
L’avenir des configurations modestes n’est donc pas compromis, mais il demandera une approche plus personnalisée.
