Perplexity est visée par une action collective américaine. La plainte affirme que le mode Incognito est une « supercherie » qui expose les conversations des utilisateurs à des géants de la pub en ligne comme Google et Meta.
Une nouvelle plainte vient d’être déposée à l’encontre de Perplexity. L’action collective, déposée devant un tribunal de San Francisco, pointe du doigt le mode Incognito de l’IA. Comme son nom l’indique, ce mode doit permettre d’effectuer des recherches avec l’IA sans que l’historique des conversations soit récupéré par Perplexity.
Selon la plainte, le mode Incognito est une « supercherie », car les conversations et les recherches des utilisateurs ne sont pas vraiment confidentielles. L’action en justice prétend que « d’énormes volumes d’informations sensibles provenant des utilisateurs » sont partagées avec des tiers, en particulier Google et Meta. Ce partage concernerait autant les utilisateurs qui disposent d’un compte Perplexity que les autres, qui utilisent l’outil sans avoir ouvert de compte ou souscrit à un abonnement.
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Des mouchards publicitaires invisibles sur le site de Perplexity ?
La plainte indique que le premier message de l’utilisateur est toujours envoyé à des tiers, tout comme les questions de suivi sur lesquelles il clique, même si le mode Incognito est bien activé. Dans le cas des utilisateurs qui n’ont pas de compte, les conversations seraient partagées par le biais d’une URL, offrant un accès complet à l’échange. Les conversations comprendraient parfois des informations personnelles permettant d’identifier l’internaute.
« Même les utilisateurs payants ayant activé la navigation privée ont vu leurs conversations partagées avec Meta et Google, ainsi que leurs adresses électroniques et autres identifiants permettant à Meta et Google de les identifier personnellement », allègue le texte de la plainte.
Un des plaignants explique avoir discuté finances familiales, impôts et investissements avec le chatbot IA, en activant le mode « Incognito », mais que des trackers invisibles se sont emparés de ses échanges. Ces trackers auraient communiqué les informations à Google et à Meta afin de les aider à affiner leur ciblage publicitaire. Ces outils, prétendument cachés dans le code du site de Perplexity, captureraient chaque mot échangé dès la page d’accueil. Parmi les mouchards publicitaires épinglés, on trouve le pixel Meta de Facebook, Google Ads, Google DoubleClick et une technologie de Meta appelée « API de conversions ». Notez que Google et Meta sont également visés par l’action collective, qui réclame des dommages et intérêts aux géants de l’IA et de la technologie.
« Rien sur le site web de Perplexity n’avertit les utilisateurs que leurs conversations avec son système d’intelligence artificielle seront partagées avec Meta et Google », peut-on lire dans la plainte, qui exige de sévères amendes à l’encontre de Perplexity et de ses partenaires.
Le recours collectif concerne les utilisateurs de Perplexity aux États-Unis, dont les conversations auraient été partagées avec Google et Meta entre le 7 décembre 2022 et le 4 février 2026. Interrogé par Ars Technica, Perplexity explique ne pas avoir été mis au courant d’un dépôt de plainte. À ce stade, la start-up, qui cherche à se faire une place dans le monde de l’IA, précise ne pas être en mesure de « commenter » les allégations à l’encontre de ses produits. De son côté, Google rappelle que « les entreprises sont responsables des données qu’elles collectent et doivent en informer clairement leurs utilisateurs », et que « les informations envoyées à Google Analytics pour la mesure d’audience ne permettent pas d’identifier une personne ». Ce n’est pas la première fois que Perplexity se retrouve dans le viseur d’une plainte. La start-up américaine a plusieurs fois été accusée de pillage de données en vue d’entraîner ses modèles de langage.
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Source :
Ars Technica