Un peu moins de trois ans après l’Osmo Pocket 3, DJI est de retour dans la création de contenu nomade avec l’Osmo Pocket 4. Cette nouvelle itération conserve son format ultra-compact de caméra stabilisée sur trois axes, tout en intégrant un capteur 1 pouce survitaminé, l’ActiveTrack 7.0 et un stockage interne. Sur un marché ultra-concurrentiel bousculé par l’arrivée imminente de l’Insta360 Luna et les compacts experts de Sony, DJI propose-t-il la caméra de vlog ultime ? Voici notre test complet.
Prix et disponibilité
La DJI Osmo Pocket 4 est disponible en précommande dès maintenant sur store.dji.com et chez les revendeurs agréés. Les expéditions débuteront le 22 avril 2026. DJI propose trois configurations :
- Bundle Essentiel à 479 € : l’Osmo Pocket 4, un câble USB-C PD (USB 3.1), la poignée avec filetage 1/4″ et une pochette de transport.
- Bundle Standard à 499 € : ajoute la pince de nacelle, une dragonne et une pochette de transport améliorée.
- Bundle Créateur à 619 € : la formule complète, qui intègre en plus le DJI Mic 3 (émetteur + accessoires), une lumière d’appoint, un mini trépied et un objectif grand-angle compatible Osmo Pocket 3. C’est la configuration testée ici.

Design et prise en main : l’ergonomie soignée jusque dans les moindres détails
La philosophie de la gamme Osmo Pocket repose sur un équilibre complexe entre miniaturisation extrême et intégration de composants mécaniques de haute précision. Avec cette quatrième génération, l’ingénierie de DJI franchit un nouveau palier, peaufinant l’ergonomie tout en introduisant des modifications qui transforment l’expérience utilisateur.

Sur le plan morphologique, la DJI Osmo Pocket 4 s’inscrit dans la continuité directe de son prédécesseur. Le châssis s’allonge très légèrement tout en s’affinant, offrant une préhension plus sûre pour les longues sessions de vlog. La véritable évolution ergonomique se situe sur la façade avant, dont l’interface a été considérablement enrichie. La caméra intègre désormais un joystick 5D repensé, offrant une résistance tactile optimisée pour permettre des mouvements de nacelle plus précis et le retournement instantané de l’objectif.

Sous l’écran OLED rotatif de 2 pouces (qui sert toujours d’interrupteur d’allumage rapide en basculant à l’horizontale), l’ajout de deux nouveaux boutons physiques constitue une évolution majeure. Le premier est un commutateur de zoom dédié. Historiquement, le contrôle du zoom sur ces appareils nécessitait de manipuler un petit écran tactile. Ce nouveau bouton permet de naviguer intuitivement d’un zoom optique sans perte x1 à x2, et de pousser jusqu’au zoom numérique x4 d’une simple pression. Le second bouton permet d’assigner et de rappeler instantanément des préréglages personnalisés (Custom Preset), éliminant ainsi le besoin de fouiller dans les menus lors de changements rapides d’environnement.

Le stockage interne fait son apparition
L’une des évolutions les plus notables de la DJI Osmo Pocket 4 réside dans la gestion de sa mémoire. Le fabricant a pris la décision forte d’intégrer 107 Go de stockage interne haute vitesse, capable d’atteindre des taux de transfert de 800 Mo/s. La caméra n’oublie pas pour autant les cartes microSD en conservant un emplacement dédié, offrant ainsi une flexibilité maximale selon les besoins du tournage.
Le choix de proposer du stockage interne, une première sur la gamme, sécurise l’enregistrement des fichiers vidéo particulièrement lourds, évite les corruptions de données et permet de décharger des dizaines de gigaoctets vers un ordinateur via le port USB-C 3.1 rapidement.
Le mythe de la résistance aux éclaboussures
Il est impératif de dissiper certaines rumeurs persistantes ayant précédé le lancement : la DJI Osmo Pocket 4 ne possède aucune certification IP. Contrairement aux caméras d’action pures telles que la DJI Osmo Action 4 qui est étanche jusqu’à 18 mètres, la conception mécanique de la nacelle motorisée de la Pocket empêche techniquement l’étanchéification complète du boîtier. Les moteurs sans balais exposés et les grilles des microphones constituent des points vulnérables. Une exposition à la pluie légère, à la brume dense ou aux embruns marins peut provoquer des dysfonctionnements de la calibration ou une corrosion fatale de l’électronique. Les créateurs opérant dans des environnements hostiles devront se tourner vers des solutions de protection tierces ou s’appuyer sur le programme DJI Care Refresh.

Qualité vidéo : le capteur 1 pouce fait son cinéma
Le cœur de cette caméra repose sur son système optique et son traitement d’image de nouvelle génération. En conservant un capteur CMOS de 1 pouce, DJI consolide la frontière entre les caméras grand public et les outils de production professionnels.

Dynamique de 14 stops et colorimétrie D-Log
La taille du capteur, couplée à une optique lumineuse ouvrant à f/2.0, permet à la Pocket 4 de dépasser les capacités de captation de l’écrasante majorité des smartphones. La nouveauté architecturale réside dans sa capacité à délivrer une plage dynamique spectaculaire de 14 diaphragmes (stops). Cette latitude permet au capteur d’enregistrer simultanément des détails infimes dans les ombres profondes tout en préservant les hautes lumières dans des ciels éclatants.
Couplé au profil colorimétrique D-Log 10 bits, l’appareil enregistre plus d’un milliard de nuances de couleurs. Ce profil plat maximise la rétention des données brutes, offrant aux monteurs vidéo une flexibilité importante en post-production. Les tons de peau, critère crucial pour les vloggers, bénéficient d’un rendu organique, s’éloignant du traitement numérique souvent artificiel imposé par les algorithmes mobiles.
Le ralenti extrême : 4K à 240 images par seconde
La puissance du nouveau processeur d’image (ISP) révèle tout son potentiel dans la gestion des fréquences. La DJI Osmo Pocket 4 permet l’enregistrement de séquences vidéo Ultra HD (4K) à une cadence de 240 images par seconde (ips). Ralentie au montage, une telle séquence produit un bel effet de slow-motion, appréciable pour capturer des exploits sportifs ou décortiquer des mouvements rapides tout en conservant une excellente définition. En situation de faible luminosité (low-light), l’appareil délivre des séquences nettes, avec une granularité très bien contrôlée.
Le point sur le double objectif
Une précision s’impose concernant les fuites d’informations. Beaucoup attendaient l’intégration d’un double objectif sur cette génération, ce qui n’est pas le cas sur l’Osmo Pocket 4.
Faut-il pour autant abandonner l’idée de le voir débarquer très prochainement ? Pas vraiment si l’on en croit l‘analyse des documents de certification FCC et des fuites industrielles, qui révèle que DJI scinderait sa gamme. Le modèle « Standard » testé ici conserve un objectif unique grand-angle pour garantir une compacité maximale. L’architecture à double objectif arriverait sur une version déjà qualifiée de « DJI Osmo Pocket 4 Pro » par la rumeur. Il faudra attendre plusieurs semaines, probablement la fin du printemps, pour découvrir cette nouveauté.
Stabilisation : la mécanique face au numérique
Dans un marché saturé de caméras s’appuyant sur des algorithmes de stabilisation numérique (EIS), la Pocket 4 affirme sa supériorité en conservant une stabilisation mécanique pure, s’appuyant sur un cardan (gimbal) à trois axes.

Pour comprendre cet avantage, il faut analyser les limites de la concurrence. Des appareils prestigieux, à l’instar du Sony ZV-1 Mark II, s’appuient sur l’EIS ou la stabilisation gyroscopique post-traitée. Cette méthode fonctionne en appliquant un recadrage (crop) sévère dans l’image pour absorber les secousses, réduisant le champ de vision et dégradant la résolution en basse lumière. À l’inverse, la nacelle de la Pocket 4 annule physiquement les mouvements parasites avant que la lumière ne frappe le capteur. Il en résulte une fluidité naturelle, sans recadrage, préservant la netteté optique.
Comparée à la Pocket 3, la nouvelle génération introduit des algorithmes de contrôle des moteurs qualifiés de « prédictifs ». Ce système en boucle fermée analyse en temps réel les mouvements du poignet de l’opérateur pour anticiper la trajectoire souhaitée. Lors de la réalisation de panoramiques ou de suivis en marchant, la nacelle absorbe les accélérations brusques de la main pour lisser la courbe de mouvement. En conditions réelles, l’effet de tangage caractéristique de la marche humaine (effet « Z-axis ») est considérablement atténué par rapport à la génération précédente.
Fonctionnalités IA : un cadreur virtuel infaillible ?
La stabilisation matérielle s’appuie sur le système d’intelligence artificielle de suivi de sujet propriétaire de DJI : l’ActiveTrack 7.0.
L’évolution vers la version 7.0 marque un bond qualitatif dans la reconnaissance des formes et la prédiction de trajectoire. Animée par une unité de traitement neuronal embarquée, la caméra maintient l’accroche même lorsque le sujet est temporairement masqué par un obstacle, et ce, même en utilisant le zoom numérique x4.

Ce système se décline sous différentes formes, à commencer par le Suivi du sujet vérrouillé qui, comme son nom l’indique, permet à la caméra de maintenir rigoureusement la cible au centre géométrique de l’image. On trouve également le Cadrage dynamique qui utilise l’IA pour placer la cible de suivi sur un point d’intérêt excentré (règle des tiers), ajustant l’angle pour maintenir cette composition asymétrique. Cette version propose aussi le Suivi Spotlight pour garder le sujet en ligne de mire tout en permettant à l’utilisateur de déplacer librement la caméra pour créer des effets de parallaxe. Enfin, la fonctionnalité Priorité au sujet enregistré est pensée pour les environnements bondés. L’appareil mémorise l’empreinte biométrique d’un sujet principal et ignore les passants s’interposant dans le champ de vision.

Pour les créateurs solitaires, DJI intègre un système de contrôle sans contact très réactif (Quick Shots). En présentant une main ouverte (geste de la paume), l’algorithme déclenche le verrouillage ActiveTrack. En effectuant le signe de paix (un « V »), l’utilisateur commande le démarrage de l’enregistrement ou la capture photo. Cette interaction simplifie la scénarisation des vlogs sur trépied.
Autonomie et connectivité : parée pour les longs tournages
L’optimisation matérielle permet à la batterie intégrée de livrer une autonomie convaincante. Le fabricant revendique une durée d’enregistrement continu allant jusqu’à 240 minutes lorsqu’elle filme en 1080p à 24 images par seconde. De plus, il a implémenté un protocole de charge ultra-rapide via USB-C PD, restaurant 80 % de l’énergie en seulement 18 minutes. Comptez une trentaine de minutes pour une charge complète.
À noter également : DJI propose toujours une poignée batterie en option, que nous avons pu tester. Facile à fixer, elle prolonge significativement l’autonomie et intègre un port USB-C à l’arrière.
Côté son, la caméra s’intègre nativement à l’écosystème OsmoAudio, incluant une connexion directe (sans dongle) avec les microphones sans fil professionnels DJI Mic 2, Mic 3, et Mic Mini. L’appareil peut gérer un enregistrement audio à 4 canaux simultanément, capturant des intervenants distincts tout en conservant l’atmosphère stéréo du lieu via ses propres micros. Enfin, l’application DJI Mimo débloque des fonctionnalités de montage intelligent et des transferts de fichiers rapides.
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