Le chèque est signé : pour la somme colossale de 250 millions de dollars, Microsoft vient de fermer un chapitre particulièrement toxique hérité de son rachat monumental d’Activision Blizzard. Cette transaction met un terme à une action en justice lancée en 2022 par un groupe d’actionnaires mené par le fonds de pension suédois Sjunde AP-Fonden (AP7). L’objectif ? Éviter un procès potentiellement dévastateur qui menaçait de remuer le passé trouble de l’éditeur de Call of Duty.
De quoi cette action en justice accusait-elle vraiment les dirigeants ?
Au-delà de la simple négociation financière, le cœur du dossier était explosif. Le fonds accusait l’ancien PDG, Bobby Kotick, d’avoir précipité la vente à Microsoft pour une raison bien précise : se protéger. Selon les plaignants, il aurait cherché à éviter son licenciement imminent suite aux graves allégations de « culture de harcèlement » qui plombaient l’entreprise depuis 2021.
BREAKING: Microsoft agrees to pay $250 million to settle 2022 lawsuit bought by Swedish pension fund over Microsoft purchase of Activision Blizzard I wrote about this suit in January (see linked piece), as it got increasingly bizarre and ugly More to come… www.gamefile.news/p/bobby-koti…
— Stephen Totilo (@stephentotilo.bsky.social) 2026-05-22T16:55:40.064Z
Le prix de vente de 95 dollars par action, bien que massif, aurait été sous-évalué selon eux. La manœuvre, selon leur plainte, visait surtout à sécuriser le poste de Kotick et à lui garantir près de 400 millions de dollars en avantages divers. En bref, une vente arrangée pour sauver une réputation et un parachute doré, au détriment d’un meilleur accord pour tous les autres actionnaires.
Quelle a été la stratégie de défense de Bobby Kotick ?
Loin de subir passivement, Bobby Kotick a mené une contre-offensive féroce. Il a toujours nié les accusations, arguant avoir négocié un excellent accord pour les actionnaires dans un marché du jeu vidéo en pleine contraction.
Il a même contre-attaqué en justice, accusant le fonds suédois de manigancer pour le compte d’un concurrent, Embracer Group, afin d’affaiblir Activision Blizzard sur le marché. Une théorie du complot qui visait à discréditer totalement la démarche des plaignants. Son équipe juridique a également martelé que les accusations de harcèlement n’avaient jamais été « prouvées » par une cour de justice, s’appuyant sur les termes d’un précédent accord judiciaire.
Ce paiement de 250 millions est-il un aveu de culpabilité ?
Le texte du règlement stipule clairement que ni Microsoft, ni Kotick, ni les autres dirigeants n’admettent la moindre faute. La justification officielle ? « Éviter le fardeau, les dépenses et la distraction d’un litige prolongé ». Une formule consacrée pour acheter la paix sans perdre la face. C’est un calcul purement stratégique.
Le véritable enjeu, c’était d’éviter que le linge sale de l’ère pré-acquisition ne soit déballé en public lors d’un procès qui s’annonçait atomique. Ce n’est pas un procès sur le fond qui est évité, mais un déballage public potentiellement dévastateur pour l’image de la nouvelle entité et de ses partenaires. Pour Microsoft, 250 millions, c’est finalement le prix à payer pour un silence durable et un nouveau départ sans casseroles judiciaires.
Foire Aux Questions (FAQ)
Quel est le montant exact du règlement ?
Le règlement s’élève à 250 millions de dollars. Microsoft financera 40 % de cette somme, le reste étant couvert par les assurances responsabilité des anciens dirigeants d’Activision Blizzard.
Qui avait initié cette poursuite judiciaire ?
Le procès a été initié par un groupe d’actionnaires mené par le fonds de pension public suédois Sjunde AP-Fonden, aussi connu sous le nom d’AP7.
Bobby Kotick admet-il une quelconque faute avec cet accord ?
Non. L’accord de règlement stipule explicitement qu’aucune des parties, y compris Bobby Kotick et Microsoft, n’admet de faute ou de mauvaise conduite. L’objectif déclaré est d’éviter les frais et les distractions d’un procès.
