Regarder Apple rester silencieuse pendant que Grok inondait X de deepfakes sexualisés avait de quoi surprendre. Une lettre adressée par Apple à des sénateurs américains, obtenue en exclusivité par NBC News, révèle aujourd’hui que la firme de Cupertino agissait en réalité en coulisses pour mettre Elon Musk face à ses responsabilités, sous peine de bannissement pur et simple de l’App Store.
Le scandale a éclaté début janvier 2026 lorsque l’outil d’intelligence artificielle Grok s’est mis à générer massivement des images à caractère sexuel. La plateforme X a été inondée de montages photographiques dégradants ciblant principalement des femmes, parfois des mineurs, à partir de simples photos réelles. Elon Musk avait d’abord réagi avec des émojis rieurs avant de restreindre la fonction aux abonnés payants, une mesure jugée largement insuffisante. L’Indonésie et la Malaisie ont rapidement bloqué Grok sur leurs territoires. En France, le parquet de Paris est allé plus loin, soupçonnant Musk d’avoir orchestré la polémique à dessein pour valoriser artificiellement X et xAI avant une introduction en Bourse prévue en juin 2026.
Un ultimatum ferme et des mises à jour rejetées
Alertée par les plaintes et la couverture médiatique, Apple a contacté en coulisses les équipes de X et de Grok pour les informer qu’elles enfreignaient ses directives. Le média américain NBC News a obtenu une correspondance officielle restée secrète jusqu’ici adressée par Apple à des sénateurs américains, qui détaille l’intervention de la firme. Les développeurs de xAI ont soumis une première mise à jour en urgence, purement et simplement rejetée car les mesures de sécurité étaient jugées insuffisantes. Dans sa correspondance officielle, Apple détaille l’ultimatum imposé :
« Apple a examiné les soumissions suivantes faites par les développeurs et a déterminé que X avait substantiellement résolu ses violations, mais que l’application Grok restait non conforme. Par conséquent, nous avons rejeté la soumission de Grok et informé le développeur que des modifications supplémentaires pour remédier à la violation seraient nécessaires, ou l’application pourrait être retirée de l’App Store. »
Une modération à deux vitesses
Après de nouvelles modifications techniques restreignant la manipulation d’images de personnes réelles, Grok a finalement été approuvé et qualifié de « substantiellement amélioré » par Apple. Le problème n’est cependant pas totalement résolu : NBC News documente des dizaines de cas récents où des utilisateurs parviennent encore à contourner les filtres pour générer des contenus suggestifs, en habillant les cibles de tenues révélatrices comme des costumes moulants ou des serviettes de bain.
Cette affaire met en lumière une différence de traitement flagrante dans la gestion de l’App Store. Alors qu’une vingtaine d’applications de génération de deepfakes ont été supprimées sans ménagement durant la même période, les outils d’Elon Musk ont bénéficié de délais et de négociations privilégiées. Elle suggère que plus l’entité derrière une application est puissante, plus la procédure est complexe :
En effet, bannir les apps phares de Musk, allié du gouvernement Trump, représente un risque politique considérable que la firme de Tim Cook n’a visiblement pas voulu prendre. La Commission européenne a pourtant ouvert une enquête formelle sur X et Grok au titre du DSA, rappelant qu’Apple ne sera pas la seule à devoir rendre des comptes sur la gestion de ce scandale.
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Par : Opera
Source :
9to5Mac