L’enseigne Micromania, leader historique de la distribution de jeux vidéo en France, a été rachetée en juillet dernier par un consortium franco-québécois. Face à un marché du jeu physique en pleine transformation, les nouveaux dirigeants ont dévoilé une feuille de route claire : réduire la dépendance au jeu vidéo pour se réinventer en un pôle majeur de la pop culture, des collectibles et du TCG (Trading Card Game).
Quel est le modèle qui inspire cette nouvelle stratégie ?
Le plan des repreneurs s’inspire directement du redressement réussi d’EB Games Canada. Stephan Tétrault, actionnaire majoritaire du consortium, a appliqué une recette similaire après la séparation de l’enseigne canadienne d’avec GameStop en 2025. Le succès de cette approche a servi de véritable plan directeur pour le projet français.
En misant massivement sur les produits dérivés et les cartes à collectionner, EB Games Canada a vu ses ventes dans ces catégories bondir de près de 75 %. L’entreprise, auparavant déficitaire, est redevenue bénéficiaire dès la première année, avec un taux de rentabilité des magasins passant de 77 % à 97 %. C’est cette performance que le consortium espère répliquer en France.
Comment les magasins Micromania vont-ils concrètement évoluer ?
La transformation sera visible directement en boutique. Si le jeu vidéo restera au cœur de l’identité de l’enseigne, il partagera l’espace avec des rayons bien plus importants dédiés aux TCG et aux produits dérivés. La mise en avant de ces produits sera renforcée, et des distributeurs de cartes seront même installés dans une trentaine de centres commerciaux.
Le réseau de plus de 300 magasins sera optimisé. Le projet inclut l’ouverture de magasins « flagship » de grande taille, le premier étant prévu sur plus de 500 m² près de Paris dès octobre. Ces nouveaux espaces visent à créer une expérience client inédite, centrée sur la communauté et le divertissement, rapprochant Micromania des franchises de loisirs.
Qui sont les acteurs derrière ce changement de cap ?
Le consortium est composé d’experts du jouet, des licences et de la distribution. Outre Stephan Tétrault, figure de proue du projet, on retrouve Jean-François Chenail, spécialiste de l’import-export, ainsi que Sandra et Stephen Callahan, à la tête de Gipsy Toys, spécialiste reconnu de la peluche.
Le groupe possède également des atouts majeurs dans l’univers des objets de collection, avec des marques comme McFarlane Toys, une référence pour les figurines de qualité, et Imports Dragon. Cette expertise industrielle doit permettre à Micromania de devenir une destination incontournable pour les passionnés de gaming, de cartes, mais aussi de figurines sous licence.
