Après une semaine de polémique, l’administration allemande limoge le chef de son agence de cybersécurité

Après une semaine de polémique, l’administration allemande limoge le chef de son agence de cybersécurité


Arne Schönbohm, le chef du BSI, le cyber-pompier allemand, vient d’être limogé de son poste par le ministère de l’Intérieur, sa tutelle administrative. L’ancien chef de la cybersécurité allemande fait également face désormais à une procédure disciplinaire engagée à sa demande pour “clarifier les faits”.

 

 


Soupçons d’influence russe

Dévoilé par le magazine Der Spiegel, ce départ était attendu. Arne Schönbohm, un ancien cadre du géant de l’aéronautique franco-allemand EADS (désormais Airbus) était en effet sur la sellette depuis plus d’une semaine. Une émission satirique avait ironisé sur ses compétences, le comparant à un “cyber-clown”. Mais le média s’était surtout interrogé sur une possible influence russe sur l’association de conseil en cybersécurité cofondée en 2012 par Arne Schönbohm, la Cyber-Sicherheitsrat Deutschland e.V. Une proximité devenue brûlante depuis l’invasion russe de l’Ukraine et la montée des tensions militaires en Europe.


Les médias allemands s’étaient ainsi étonnés de retrouver parmi les adhérents Protelion GmbH, une entreprise filiale d’une société de cybersécurité russe fondée par un ancien du KGB, l’un des services de renseignement soviétique. Dans un communiqué, la Cyber-Sicherheitsrat Deutschland e.V. s’est défendue d’être sous l’influence des services de renseignement russe.



Réponse de l’association

Après avoir qualifié l’accusation “d’absurde”, la structure a affirmé que Protelion GmbH n’avait pas pris part à des discussions ni à des projets. Dans un second communiqué, deux jours plus tard, l’association avait enfin renvoyé la faute vers deux ministères fédéraux, accusés de ne pas avoir averti l’association à temps alors qu’ils avaient connaissance de la nature de l’actionnaire de Protelion GmbH.



Toutefois, comme le rappelle Der Spiegel, la polémique va au-delà de cette entreprise. Les liens du président de la Cyber-Sicherheitsrat Deutschland e.V. avec la Fédération de Russie sont également montrés du doigt.



Un limogeage brutal pour le patron de l’Anssi

Le BSI allemand est le principal partenaire européen de l’Anssi, le gendarme français de la cybersécurité. Un duo à l’importance renforcée depuis le départ de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. La coopération entre les deux structures est ainsi fréquemment mise en avant par Guillaume Poupard.


“Une pensée pour mon homologue et ami Arne Schönbohm, brutalement limogé, s’est d’ailleurs ému le chef de la cybersécurité française sur le réseau social Linkedin. En ces temps difficiles la plus grande prudence mais également la cohésion et la solidarité européenne sont plus que jamais indispensables.”



A contrario, un spécialiste français de la cybersécurité s’est interrogé sur une “trahison potentielle” et “un mélange des genres dans le service public”, synonyme de problèmes de due diligence, ces contrôles fait en amont d’une opération, et de surveillance.


Le limogeage d’Arne Schönbohm intervient alors que l’Allemagne s’inquiète de la sécurité de ces infrastructures critiques après les actes de sabotages commis en mer Baltique. Le ministère de l’Intérieur a ainsi annoncé un plan de renforcement des infrastructures ferroviaires et maritimes. “Nous devons investir 20 milliards d’euros dans la cybersécurité dans les dix prochaines années”, a également estimé la ministre fédérale de l’Intérieur Nancy Faeser.





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