ce que ça dit de la pénurie

ce que ça dit de la pénurie



Le fondeur a transformé ses rebuts de silicium en machine à cash. Les clients n’ont même pas bronché.

Après la mémoire vive, dont les prix ont flambé depuis fin 2025, ce sont les processeurs qui entrent en zone de pénurie. L’analyste Ben Bajarin a obtenu des précisions du service investisseurs d’Intel. Le fondeur écoule désormais des processeurs issus des bords de ses galettes de silicium, là où les défauts s’accumulent. Des puces que personne ne voulait il y a un an.

Comment des puces « poubelle » finissent dans des serveurs

Sur chaque galette de silicium, des centaines de puces sont découpées puis triées. C’est le tri sélectif du semi-conducteur, le « binning » en jargon technique. Les meilleures deviennent des Xeon haut de gamme. Les moins bonnes alimentent les gammes d’entrée. Les pires finissaient au rebut. Apple, AMD et NVIDIA pratiquent le même tri depuis des décennies, rien de neuf jusque-là.

Intel a pourtant déplacé le curseur. Le fondeur reconditionne des puces situées en dessous de son ancien plancher de qualité. Il les rebaptise en modèles serveur à bas coût et les expédie. Au premier trimestre 2026, le groupe a affiché 13,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires, plus d’un milliard au-dessus des attentes. Sa marge brute a atteint 41 %, contre 34,5 % anticipés. Le prix de vente moyen des CPU serveur a bondi de 27 % sur un an, alors que les volumes livrés ont reculé de 5 %. Vendre moins, gagner plus (involontairement, certes). Bajarin résume le climat en une formule : « les clients ne se soucient plus de la qualité, ils prennent tout ».

Pourquoi votre prochain PC va coûter plus cher

Si Intel arrive à vendre ses fonds de tiroir, c’est que la demande en processeurs dépasse largement l’offre. L’IA en est la cause directe. Les centres de données absorbent des volumes sans précédent pour faire tourner les charges d’inférence et les agents autonomes. Les GPU monopolisent les capacités de gravure avancée chez TSMC, ce qui réduit l’espace disponible pour les CPU. Les délais de livraison ont explosé. Comptez huit à douze semaines chez AMD, jusqu’à six mois chez Intel (contre une à deux en temps normal, pour mémoire).

La hausse remonte déjà jusqu’au consommateur. Les processeurs pour PC ont pris entre 5 et 10 % depuis mars 2026. Intel prépare sa troisième hausse de l’année (oui, troisième), portant le cumul à 30 % par rapport à 2025. AMD a relevé ses tarifs PC de bureau de 15 % et prévoit deux nouvelles augmentations d’ici septembre. Lenovo, Dell, HP, Acer et Asus ont prévenu : comptez 15 à 20 % de hausse sur leurs machines dès le second semestre. La part combinée de la mémoire et du processeur dans le coût de fabrication d’un portable grimperait de 45 à 58 % du total. Un PC portable de milieu de gamme pourrait voir sa facture s’alourdir de 40 % si la pression sur les composants persiste. Le portable à moins de 600 euros, déjà fragilisé par l’entrée remarquée d’Apple sur ce segment, pourrait ne pas survivre à l’année.

Aucun soulagement rapide n’est en vue. La pénurie pourrait durer jusqu’en 2027, estiment les analystes. Le problème est structurel. Les capacités de gravure avancée ne suffisent pas à couvrir la demande combinée en GPU et en CPU. L’essor des puces ARM chez Qualcomm et Mediatek (en partenariat avec Nvidia) offre une échappatoire partielle, mais trop récente pour absorber la pression sur le marché x86.

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Source :

BGR



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