Une initiative européenne entend créer un web social et souverain pour lutter contre la domination des géants de la tech. Eurosky, c’est son nom, permet d’accéder à plusieurs réseaux sociaux européens avec un compte unique.
N’utiliserez-vous bientôt que des réseaux sociaux entièrement européens ? C’est sans doute ce qu’espère la nouvelle plate-forme Eurosky. Cette initiative européenne indépendante, portée par la Fondation néerlandaise Modal se présente comme une infrastructure numérique souveraine dont le but est de soutenir un web social ouvert, compétitif et surtout respectueux des valeurs européennes.
Un serveur de données personnelles sous AT protocole, et une identité unique
Contrairement aux plates-formes de Meta ou de X, Eurosky n’est pas un réseau social à part entière. Il s’agit en réalité d’un « serveur de données personnelles » (PDS pour Personal Data Server), dont le fonctionnement repose sur Atmosphere, un écosystème d’applications et de services interconnectés.
Concrètement, la plate-forme repose sur une identité numérique unique (votre compte Eurosky au format [email protected]), utilisable pour se connecter à plusieurs applications différentes, dont BlueSky. Comme la plate-forme de microblogging fondée par Jack Dorsey, cofondateur de feu Twitter, Eurosky s’appuie sur une infrastructure décentralisée, le protocole AT. Un choix stratégique qui lui permet de profiter d’un réseau déjà actif tout en restant indépendant, mais qui a tout de même un sérieux inconvénient. Pour l’instant, Eurosky dépend toujours partiellement de la plate-forme de modération de Bluesky.
Outre Bluesky, Eurosky permet pour l’heure d’accéder à des plates-formes comme Flashes (concurrent d’Instagram), Blento (service de création de sites web), ou encore Streamplace (vidéos en streaming).
À noter qu’il est d’ores et déjà possible d’utiliser la plate-forme en utilisant directement votre compte Bluesky que vous pourrez migrer vers Eurosky.

La quête de la souveraineté numérique
Techniquement, les utilisateurs d’Eurosky disposent de leur propre serveur de données personnelles sur lesquels leurs contenus, leur identité et leurs informations de connexion sont stockés. Ils restent donc propriétaires des données qu’ils publient, contrairement au fonctionnement des plates-formes fournies par les géants américains. Ces données sont quant à elles stockées sur des serveurs européens conformes à la réglementation de l’UE.
Pour ne pas dépendre de serveurs outre-Atlantique, Eurosky développe ses propres composants pour le relais, l’indexation, la génération de flux et la modération. L’objectif paraît assez clair : éviter qu’une panne massive de l’autre côté de l’Atlantique ou qu’un changement de direction à la tête d’une telle plate-forme ne puisse paralyser les services européens.
Si une levée de fonds de 100 000 euros est en cours (à la suite de l’attaque DDOS qui a mis Bluesky à genoux il y a quelques jours), le financement du projet repose principalement sur des micro dons. Eurosky, qui n’est pour l’instant qu’en phase de démarrage comptabilise déjà environ 10 000 utilisateurs.
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Par : Opera