et si c’était les écrans qui vous rendaient malades ?

et si c’était les écrans qui vous rendaient malades ?


Depuis trois ans, Magali Lacroix travaille devant deux écrans d’ordinateur toute la journée. « Et je regarde souvent mon téléphone, je suis un peu accro », admet-elle, l’air coupable. Et cela fait trois ans que cette Montpelliéraine de 46 ans ressent des « maux de tête, une douleur entre les deux yeux et une fatigue visuelle » de manière récurrente après sa journée de travail. Elle a rapidement fait le lien entre ces symptômes et le temps passé devant des écrans. Avant d’être consultante au sein d’un cabinet de conseil, Magali avait un travail « de terrain » qui ne la contraignait pas à regarder un ordinateur de 9 heures à 18 heures, et elle ne s’était jamais plainte de maux de tête. De même, en vacances, elle n’avait jamais éprouvé de migraine.

Cet état d’inconfort est qualifié par les chercheurs de « visually-induced motion sickness », que l’on peut traduire par « mal des transports provoqué par la vision ». Cela s’oppose au mal des transports provoqué par « un mouvement réel comme celui d’une voiture, d’un bateau ou encore d’un vaisseau spatial », détaille Behrang Keshavarz, chercheur à l’institut Kite de l’hôpital de Toronto, au Canada, et enseignant en psychologie à l’université de Toronto. Il existe un conflit dans le cerveau entre ce que perçoivent les yeux (du mouvement) et ce que ressent l’oreille interne (l’immobilité). Le nombre de personnes indisposées par une trop longue exposition aux écrans varie selon le type d’appareil et son utilisation. « Cela peut monter jusqu’à 70 % des utilisateurs pour certaines vidéos de réalité virtuelle », précise M. Keshavarz.

Un mot a même été créé pour parler spécifiquement de ces désagréments causés par la réalité virtuelle : le « cybermalaise » (cybersickness, en anglais). Les maux de tête, la fatigue visuelle, la transpiration, la pâleur… Les symptômes sont divers. Cela peut même aller jusqu’à des nausées et des vertiges.

C’est le cas de Pauline Perrier, 28 ans, consultante en informatique à Sanary-sur-Mer, dans le Var. Elle passe la majorité de son temps devant un ordinateur pour son travail, parfois dix heures dans la même journée. « J’ai souvent la paupière qui saute, et au moment de me lever, j’ai la tête qui tourne, je vois tout noir pendant quelques secondes », décrit-elle. Elle reprend, agacée : « On me dit souvent que j’ai une carence en magnésium ou que je manque de sommeil, mais je vois très bien que lorsque je suis en vacances, je n’ai pas ces sensations. »

A plusieurs reprises, elle a fait des cures de vitamines et de magnésium – « même si je ne suis pas fan de la prise de cachets tous les jours », confie-t-elle –, mais cela n’a en rien résolu son problème. Elle fait du sport en extérieur quatre fois par semaine, va promener son chien après le travail et n’utilise jamais son ordinateur pour du divertissement, mais cela ne suffit pas. « Il me faudrait une semaine de quatre jours », suggère-t-elle, même si ce n’est pas du tout à l’ordre du jour pour son employeur.

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