Google vient de signer un accord confidentiel avec le gouvernement américain afin d’utiliser son intelligence artificielle dans le cadre d’affaires classées secret défense. Plus de 600 employés, y compris des vice-présidents, ont récemment signé une lettre demandant l’arrêt des négociations, exprimant leurs inquiétudes sur les conséquences éthiques.
Après le très décrié projet Maven, Google avait promis de ne plus jamais collaborer avec le gouvernement américain à des fins militaires. En février 2025, l’entreprise américaine a changé ses politiques en la matière. Aujourd’hui, elle a signé un accord confidentiel avec le gouvernement américain pour l’utilisation de son IA dans des affaires classées secret-défense. Plus de 600 employés, dont des vice-présidents et des ingénieurs de Google DeepMind, se sont opposés à cette collaboration.
Une lettre pour demander l’arrêt des négociations
Début avril, le média The Information révélait que Google était en pourparlers avec le Pentagone pour l’utilisation de son intelligence artificielle dans le cadre d’affaires classées secret-défense. Ce 27 avril, plus de 600 employés de Google ont adressé une lettre au PDG d’Alphabet, Sundar Pichai, demandant à l’entreprise de refuser l’utilisation de l’intelligence artificielle à des fins d’affaires militaires classifiées. Parmi les signataires, on retrouve des employés, mais aussi des directeurs, des vice-présidents ou encore des ingénieurs de chez Google DeepMind. Cette lettre a donc un poids conséquent.
Dans cette lettre, un employé sous couvert d’anonymat explique : « En l’état, il n’y a aucun moyen de s’assurer que nos outils ne seront pas utilisés pour faire des dégâts affreux ou rogner les libertés individuelles, loin des regards ». C’est précisément le problème. Google a demandé au gouvernement que son IA ne soit pas utilisée à des fins de surveillance de masse aux États-Unis ou dans le cadre d’attaques mortelles, mais comment savoir si ces règles seront appliquées, surtout lorsqu’il est question d’affaires classées secret-défense ?
Google change de cap et signe un accord confidentiel avec le gouvernement américain
Google travaille déjà pour le gouvernement américain, mais seulement dans le cadre d’affaires publiques. En 2017, l’entreprise américaine avait collaboré avec le Pentagone pour le programme Maven qui consistait à utiliser l’intelligence artificielle pour analyser automatiquement les images capturées par des drones militaires. À l’époque, plus de 3 100 employés avaient signé une pétition pour empêcher cette collaboration à caractère militaire. Google avait promis de ne plus jamais réitérer ce type de collaboration.
Mais de l’eau a coulé sous les ponts. Le 4 février 2025, Google a mis à jour ses principes généraux concernant l’intelligence artificielle, en supprimant son engagement de ne pas appliquer cette technologie à des fins militaires. Et en ce mois d’avril 2026, Google vient de signer un accord confidentiel avec le Pentagone pour l’utilisation de son intelligence artificielle dans le cadre d’affaires classées secret défense, selon le média The Information. L’accord autoriserait le Pentagone à utiliser l’IA de Google à « toute fin gouvernementale légale ».
Le gouvernement américain cherche à diversifier ses IA
Cet accord s’inscrit dans un contexte précis : le gouvernement américain cherche activement à diversifier ses intelligences artificielles. La startup Anthropic, qui refuse l’utilisation de son IA à des fins militaires ou de surveillance, est en conflit avec le gouvernement américain. Le directeur adjoint de la CIA a notamment expliqué que le service de renseignement américain « ne peut pas permettre aux caprices d’une seule entreprise [Anthropic] » de contraindre son utilisation de l’IA. L’armée américaine s’est alors tournée vers Sam Altman (ChatGPT), moins regardant sur ces questions, et elle se tourne donc maintenant vers Google qui semble avoir résolument changé ses politiques en la matière.
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Source :
The Information