La crise énergétique secoue les mineurs de bitcoins

La crise énergétique secoue les mineurs de bitcoins


Le coup de froid est sévère pour les experts du minage de bitcoin. Ces acteurs, quasi inconnus du grand public mais qui font fonctionner la plus célèbre des cryptomonnaies en assurant la validation des transactions, sont dans la tourmente. Le plus gros d’entre eux, l’américain Core Scientific, s’est placé sous le régime américain des faillites le 21 décembre 2022, alors même que le « blizzard du siècle » s’abattait sur le territoire des Etats-Unis, mettant sous pression le réseau électrique. Un hasard de calendrier qui vient souligner l’étroite dépendance entre le minage de monnaies virtuelles et la crise énergétique.

Le modèle économique d’un mineur est simple : il fait tourner des milliers d’ordinateurs pour être le premier à résoudre l’équation mathématique proposée par l’algorithme du réseau bitcoin afin de valider une transaction et d’empocher ainsi une récompense sous forme de monnaie virtuelle. Ses revenus sont donc directement indexés sur le cours du bitcoin, quand ses dépenses, elles, sont corrélées au prix de l’électricité consommée par les ordinateurs. En 2022, entre le krach des cryptomonnaies et la flambée des prix de l’énergie, la peine a donc été double.

La chute de la rentabilité a ainsi poussé certains acteurs à amender leur stratégie. « La hausse du prix des énergies fossiles a conduit à un arrêt massif du minage basé sur l’électricité produite à partir du charbon et du gaz, pour privilégier les sources éoliennes et hydroélectriques », assure Nicolas Louvet, directeur général de Coinhouse. Au dernier décompte de l’université de Cambrigde (Royaume-Uni), qui calcule un indice de la consommation électrique du bitcoin, les énergies renouvelables représentaient 26 % du total début 2022. Une part qui devrait donc, selon les défenseurs des cryptomonnaies, s’accroître.

Se racheter une vertu

De fait, pour équilibrer leur modèle économique, les mineurs rivalisent d’inventivité. « Les ordinateurs qui servent au minage sont de plus en plus souvent installés dans des conteneurs que l’on peut déplacer, souligne Alexandre Stachtchenko, directeur blockchain & cryptos chez KPMG France. Installés au pied d’infrastructures d’énergies renouvelables par nature intermittentes, ils peuvent servir de variable d’ajustement en consommant l’électricité produite dans les périodes de faible demande et donc bon marché. Au contraire, en cas de fortes tensions, ils peuvent stopper leur activité très rapidement. » Puis se déplacer facilement vers d’autres lieux de production d’énergie.

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