la France choisit AMD plutôt que Nvidia, et ce n’est pas un hasard

la France choisit AMD plutôt que Nvidia, et ce n'est pas un hasard


Le gouvernement français et AMD viennent de franchir une nouvelle étape dans le développement technologique national. La signature d’une lettre d’intention vise à accélérer l’innovation sur le territoire et à consolider la position de la France dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.

L’annonce officielle s’est déroulée le 16 avril 2026 au ministère de l’Économie à Paris. Philippe Baptiste pour la Recherche, Sébastien Martin pour l’Industrie et Anne Le Hénanff chargée du Numérique ont accueilli Keith Strier, Senior Vice President des marchés mondiaux de l’IA chez AMD.

Alice Recoque, premier supercalculateur exascale de France

L’élément central du partenariat repose sur un approfondissement de la collaboration avec le CEA, le consortium Jules Verne et GENCI autour du projet Alice Recoque. Baptisée en hommage à la pionnière française de l’informatique qui conçut le mini-ordinateur Mitra 15 dans les années 1970, cette machine sera le premier supercalculateur exascale de France et le second d’Europe, après l’allemand Jupiter mis en service à Jülich fin 2025.

Le mot « exascale » désigne la capacité à réaliser plus d’un milliard de milliards d’opérations par seconde (10¹⁸ flops), seuil considéré comme la frontière actuelle du calcul haute performance. Alice Recoque sera construite par Eviden (groupe Atos) sur la plateforme BullSequana XH3500, équipée de processeurs AMD EPYC de nouvelle génération (Venice), de GPU AMD Instinct MI430X et de FPGA AMD, avec du stockage DDN. Le projet représente un budget de 544 millions d’euros, cofinancé par EuroHPC JU via le Digital Europe Programme et les trois partenaires du consortium Jules Verne : France, Pays-Bas et Grèce. La livraison est attendue courant 2026.

© AMD

Sur le plan environnemental, l’architecture d’Eviden permettra à Alice Recoque de fonctionner avec 25 % de racks en moins et jusqu’à 50 % de meilleure efficacité énergétique par GPU par rapport aux autres systèmes exascale existants. Un argument de poids à l’heure où la souveraineté numérique devient un critère stratégique, si l’on en croit les données avancées par AMD. La machine sera mobilisée pour la modélisation climatique, la médecine personnalisée via des jumeaux numériques, l’innovation dans les matériaux et l’énergie, et le développement de grands modèles d’IA européens.

En parallèle, AMD s’engage à ouvrir l’accès à ses programmes de formation (AMD University Program, AMD AI Developer Program, AMD AI Academy) pour renforcer les compétences des chercheurs, enseignants et développeurs français.

Un pari sur l’open source face au monopole Nvidia

Derrière ce partenariat se cache un enjeu stratégique et logiciel. Nvidia détiendrait une très grande partie du marché des GPU d’entraînement, et sa pile logicielle CUDA – propriétaire – verrouille les développeurs dans un écosystème fermé. AMD propose ROCm, une alternative open source qui joue le même rôle sur ses puces Instinct, avec une différence de taille : son code est en accès libre. Le parc français existant est aujourd’hui largement dominé par du matériel Nvidia : Jean Zay, la vitrine IA nationale à Orsay, plafonne à 125,9 pétaflops sous GPU Nvidia. Seul Adastra, à Montpellier, fait déjà tourner du AMD. Alice Recoque visera plus d’un exaflop, soit près de 10 fois plus.

Derrière ce partenariat se cache un enjeu stratégique et logiciel. Nvidia détiendrait une très grande partie du marché des GPU d’entraînement, et sa pile logicielle CUDA, propriétaire, verrouille les développeurs dans un écosystème fermé. Une dépendance comparable à celle que l’on observe avec Microsoft dans d’autres secteurs, comme en témoigne le renouvellement du contrat de l’Éducation nationale avec Microsoft malgré les discours de souveraineté. AMD propose ROCm, une alternative open source qui joue le même rôle sur ses puces Instinct, avec une différence de taille : son code est en accès libre. Le parc français existant est aujourd’hui largement dominé par du matériel Nvidia : Jean Zay, la vitrine IA nationale à Orsay, plafonne à 125,9 pétaflops sous GPU Nvidia. Seul Adastra, à Montpellier, fait déjà tourner du AMD. Alice Recoque visera plus d’un exaflop, soit près de 10 fois plus.

Un centre d’excellence verra également le jour pour soutenir la création de la future AI Factory France. Anne Le Hénanff a résumé l’enjeu lors de la signature :

« Il n’y a pas d’IA sans infrastructure. Pour bâtir un avenir numérique solide et durable, il faut agir à tous les niveaux de la chaîne de valeur et diversifier nos partenariats. Je salue l’engagement fort d’AMD à s’impliquer auprès de notre écosystème de start-ups et à contribuer à un environnement plus résilient et innovant. »

Reste à voir si le pari ROCm tiendra ses promesses face à l’hégémonie de CUDA sur les très grands modèles de langage. Ce choix s’inscrit toutefois dans un mouvement européen plus large, où la dépendance aux géants américains du cloud fait l’objet de débats croissants.

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Source :

Ministère de l’Économie



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