La Russie se fournit en puces chinoises mais c’est une mauvaise idée

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Le déclenchement du conflit avec l’Ukraine a conduit les entreprises occidentales à couper les ponts avec la Russie qui ne peut donc plus accéder officiellement aux puces et logiciels du monde occidental, sur lesquels elle s’appuyait pourtant beaucoup.

Les effets se sont faits rapidement sentir, notamment pour la maintenance des équipements qui se voient privés de suivi et de remplacement des composants défectueux.

A défaut de pouvoir passer par la filière officielle, la Russie s’est logiquement tournée vers le marché gris en provenance de Chine mais les déconvenues sont nombreuses.

Selon le média russe Kommersant, repris par le site The Register, le taux de semiconducteurs défectuex a augmenté de 1900% en Russie, avec plusieurs causes combinées.

Il était de 2% avant le conflit, ce qui est déjà problématique pour des équipements complexes dotés de nombreuses puces, mais il s’est franchement aggravé depuis.

Des composants gris défectueux

Les perturbations liées à la pandémie ont joué un rôle au sein des chaînes d’approvisionnement mais ce sont surtout les conséquences du conflit avec l’Ukraine qui ont aggravé nettement la situation.

Et pour cause ! Quelque 40% des puces venues de Chine via le marché gris ne seraient pas fonctionnelles. Entre l’énorme quantité de composants défectueux et le temps perdu à les tester en profondeur pour trier le bon grain de l’ivraie, la filière parallèle est tout sauf efficace.

C’est pourtant le seul remède disponible, nombre d’entreprises occidentales du secteur électronique ayant stoppé leur activité ou s’étant carrément retirées de Russie, et le pays n’ayant pas les ressources et le savoir-faire pour les remplacer, même temporairement.

La Chine prudente

Russie et Chine ont eu tendance à se rapprocher dans le cadre du conflit en Ukraine mais les positions ne vont pas jusqu’à un soutien inconditionnel, les autorités ne souhaitant pas se couper à leur tour des marchés européens où va se jouer la croissance de leurs entreprises high-tech, en soutien du marché national.

Le Mondial de l’Automobile 2022, qui se déroule actuellement à Paris, montre par exemple la puissance des constructeurs chinois de véhicules électriques et leur avance en la matière face à une industrie automobile européenne longtemps restée accrochée aux motorisations thermiques.

Bien d’autres domaines sont en plein essor, des smartphones aux vélos électriques et trottinettes chinoises en passant par une foule de gadgets (drones, montres connectées, caméras IP, robots aspirateurs…), en jouant souvent sur des prix bas.

Le marché gris (et ses travers) reste donc pour le moment la seule option pour la Russie si elle veut maintenir un minimum d’activités industrielles et militaires, à défaut de pouvoir accéder à des puces de meilleure qualité.

Les rapports selon lesquels des composants électriques de machines à laver étaient utilisés pour faire fonctionner les chars russes au début du conflit en disent long sur les difficultés d’équipement et de renouvellement des composants.



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