l’alternative européenne à Microsoft qui démarre avec un frein à main

l'alternative européenne à Microsoft qui démarre avec un frein à main


L’Europe veut reprendre le contrôle de ses données. C’est le grand mantra. Dans cette quête, un consortium d’entreprises du continent, mené par les connus Nextcloud et Ionos, vient de lancer la première version d’Euro-Office. L’idée est simple : fournir aux entreprises, écoles et administrations un outil pour créer documents, tableurs et présentations, le tout hébergé en Europe, loin des serveurs des GAFAM. Techniquement, il s’agit d’un « fork » (une version dérivée) du projet OnlyOffice, choisi pour sa modernité. Mais à peine né, le projet affronte une violente controverse.

Pourquoi cette initiative est-elle déjà sous le feu des projecteurs ?

Parce qu’un détail technique a fait bondir la communauté du logiciel libre. Par défaut, Euro-Office enregistre les fichiers au format OOXML, un standard développé et contrôlé par son principal concurrent, Microsoft. La fondation derrière LibreOffice a immédiatement dégainé une lettre ouverte, accusant le projet d’être un « allié de fait » de la firme de Redmond.


Comment prétendre à l’indépendance tout en renforçant la dépendance à l’écosystème de Microsoft ? Les défenseurs du projet, comme Frank Karlitschek de Nextcloud, plaident la compatibilité pour faciliter la transition. Une excuse un peu facile. Ils promettent que le format ouvert ODF sera une priorité pour la prochaine version.Le mal est peut-être déjà fait en termes d’image.

Concrètement, à qui s’adresse ce nouveau logiciel ?

N’espérez pas le télécharger sur votre PC personnel demain matin. Ce n’est pas le but. Pour l’instant, Euro-Office n’est pas un programme autonome comme Word ou LibreOffice. C’est une brique logicielle, un module destiné à être intégré dans des plateformes existantes. Pensez-y comme un moteur de traitement de texte qui sera greffé à des services de cloud ou de collaboration.

Les premiers à l’intégrer seront logiquement ses créateurs. Nextcloud l’a déjà fait, et Ionos suivra cet été. L’utilisateur final ne le croisera donc que si son fournisseur de services cloud l’adopte. Pour un logiciel de bureau gratuit à la maison, les références indétrônables restent les classiques OpenOffice et LibreOffice.

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Quelle est la véritable ambition derrière cette alternative européenne ?

Ce projet s’inscrit dans un mouvement de souveraineté numérique. Depuis des années, plusieurs pays et institutions en Europe cherchent activement à réduire leur dépendance aux technologies américaines. On l’a vu en France avec l’annonce du passage de certaines administrations à Linux et le remplacement progressif de Teams. L’enjeu est stratégique : garder le contrôle sur les données et les outils qui les manipulent.

Euro-Office est donc une arme de plus dans cet arsenal. Une alternative européenne qui, malgré ses défauts de jeunesse, a le mérite d’exister et de poser les bonnes questions. Sa réussite dépendra de sa capacité à corriger le tir rapidement. Il faudra convaincre que son engagement pour les standards ouverts est plus qu’une simple promesse marketing.

Foire Aux Questions (FAQ)

Peut-on installer Euro-Office sur son ordinateur ?

Non, pas pour le moment. Il n’existe pas d’application de bureau ou mobile à télécharger. Euro-Office est conçu comme un composant pour des services en ligne, comme ceux de Nextcloud ou Ionos. C’est une solution web avant tout.

Euro-Office est-il gratuit ?

Le logiciel est open-source, ce qui signifie que son code est accessible. Cependant, il sera principalement intégré dans des offres commerciales ou professionnelles. Il ne se positionne pas comme une alternative gratuite et téléchargeable pour le grand public, contrairement à LibreOffice.

Quelle est la principale critique faite à Euro-Office ?

La critique majeure vient de son choix d’utiliser par défaut le format de fichier OOXML, qui a été développé par Microsoft. Les détracteurs estiment que cela va à l’encontre de l’objectif de souveraineté numérique, en maintenant une forme de dépendance envers l’écosystème de Microsoft.



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