Le secteur du numérique, un pollueur massif si rien n’est fait

Le secteur du numérique, un pollueur massif si rien n'est fait


Smartphones, ordinateurs, téléviseurs, gadgets en tous genres…le numérique est désormais partout dans notre quotidien, par ses produits électroniques comme par les services numériques qu’il propose.

Tous ces objets consomment des ressources naturelles, de l’électricité et émettent des gaz à effet de serre, de leur production à leur durée de fonctionnement et jusqu’à leur rebut ou leur recyclage.

Le secteur du numérique a un impact environnemental de plus en plus fort et, au rythme actuel, « l’empreinte carbone du numérique pourrait tripler entre 2020 et 2050« .

C’est le message fort du rapport remis au ministre de l’Economie Bruno Lemaire par l’Ademe (Agence de la Transition écologique) et l’Arcep, régulateur du secteur des télécommunications.

Ayant étudié les tendances du marché, ils observent qu’en suivant la tendance actuel, le trafic de données aura été multiplié par 6 et le nombre d’équipements aura progressé de 65% d’ici 2030 par rapport aux valeurs de 2020.


Le rapport suggère ainsi que l’empreinte carbone va augmenter de 45%, la consommation de ressources de 14% et la consommation électrique de 5% d’ici la fin de la décennie.

Ces progressions ne sont pas soutenables au regard des efforts de réduction de l’impact environnemental du numérique ni même au niveau de la consommation des ressources dans un monde en tension.

La sobriété numérique en question

Le rapport appelle donc à un « effort collectif impliquant toutes les parties prenantes (utilisateurs, fabricants de terminaux et d’équipements, fournisseurs de contenus et d’applications, opérateurs de réseaux et de centres de données) » et à des mesures à mettre en place dès à présent pour espérer avoir un début d’effet à partir de 2030.

Et cela passera par une  » sobriété numérique  » qui imposera de changer nos habitudes d’utilisation des produits électroniques et de services numériques. Le rapport plaide pour des réflexions sur l’ampleur du développement des nouveaux produits et services, la réduction ou la diminution du nombre d’équipements, l’allongement de la durée de vie des terminaux par le reconditionnement et la réparation, ainsi que la sensibilisation des consommateurs.

Ademe Arcep scenarios numerique

En creux, c’est un appel à consommer moins et mieux qui est lancé car il ne sera tout simplement pas possible de continuer à surconsommer comme nous le faisons car, outre l’empreinte carbone, c’est la disponibilité des métaux stratégiques qui va manquer.

Le rapport veut aussi que les politiques de transition écologique mettent l’accent sur l’écoconception dès le design des produits, pas seulement pour les terminaux mais aussi au niveau des infrastructures.

Si ces mesures sont prises, il sera possible de réduire jusqu’à -16% l’empreinte carbone du secteur du numérique en 2030 par rapport aux valeurs de 2020. Au-delà, tout dépendra de l’intensité des efforts consentis.

Quatre scénarios, de la consommation décomplexée à la frugalité

Ademe et Arcep ont établi quatre modèles prospectifs en fonction des mesures prises pour réduire l’impact environnemental du secteur du numérique. Cela va du scénario « Pari réparateur » qui maintient les habitudes de consommation mais au prix d’un quintuplement de l’empreinte carbone du secteur en 2050, en estimant qu’il sera possible d’en compenser les effets par des innovations technologiques (qui restent à définir), au scénario « Génération frugale » qui permettrait de diviser par deux l’empreinte carbone à ce même horizon au prix de changements importants dans la façon d’appréhender les usages du numériques.

Ademe Arcep scenarios usages numeriques

Entre les deux, deux scénarios intermédiaires permettraient de limiter la hausse de l’empreinte carbone en modulant contrainte plus ou moins légère sur la consommation d’équipements et de services et développement du reconditionnement et du recyclage.

Ces éléments doivent servir de base de réflexion pour les politiques de transition écologique à venir en reconnaissant au numérique un rôle dans la mise en oeuvre de cette transition dans les divers secteurs industriels mais aussi un impact qu’il faudra pouvoir contrôler.





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