« L’euro numérique marque-t-il l’avènement d’un nouvel euro ? »

« L’euro numérique marque-t-il l’avènement d’un nouvel euro ? »


L’arrivée prochaine des monnaies numériques de banques centrales va faire surgir l’analyse monétaire au cœur des préoccupations des citoyens. Ce sera le cas dans la zone euro car la Banque centrale européenne (BCE) étudie la possibilité d’émettre un euro numérique.

Tout un chacun sera amené non seulement à s’interroger sur la nature de notre monnaie, mais devra aussi pouvoir en distinguer les différentes formes. Entre monnaie fiduciaire physique et publique, monnaie scripturale numérique et privée, monnaie « fiat », et cryptomonnaie, la place du nouvel euro numérique devra faire l’objet d’un effort de pédagogie certain de la part des autorités.

Le risque de confusion parmi les citoyens ne pourra être négligé et l’hybridité de notre système monétaire devra être soulignée. L’euro numérique marque-t-il l’avènement d’un nouvel euro ? Cette tribune propose de donner les clés essentielles de compréhension de la nature de ce projet.

En septembre 2023, une décision devrait être prise par le Conseil des gouverneurs de la BCE sur l’éventuel lancement de la phase de réalisation de l’euro numérique. Il s’agirait pour la banque centrale de la zone euro de lancer l’émission et la mise en circulation de la forme numérique des pièces et des billets.

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L’euro numérique ne viendrait pas remplacer les pièces et les billets. Il viendrait en complément de ceux-ci.

Seule 10 % de notre monnaie est physique

De prime abord, ce projet est de nature à semer la confusion en chacun de nous. En effet, nous utilisons déjà dans nos transactions courantes, des euros numériques. Cette forme électronique de la monnaie est celle que nous détenons sur nos comptes auprès des banques commerciales. On l’appelle la monnaie scripturale et elle représente 90 % de la monnaie que nous utilisons.

Seule 10 % de notre monnaie est physique, sous forme de pièces et billets, et on l’appelle la monnaie fiduciaire. Sur une masse monétaire en circulation dans la zone euro, qui représentait fin 2022 près de 16 140 milliards d’euros, seuls 1 541 milliards d’euros circulent sous la forme fiduciaire. Si notre euro est déjà pour une grande partie un euro numérique, la question se pose de savoir où se situe l’innovation dans ce projet de la BCE ?

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Pour le comprendre, il faut savoir que notre système monétaire est hybride. En effet, nous utilisons deux types de monnaies, une monnaie « publique » et une monnaie « privée ». La monnaie publique est la monnaie physique, c’est-à-dire celle qui est émise sous forme de billets par la banque centrale (la BCE dans la zone euro) et sous forme de pièces par les Etats membres.

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