La Fédération américaine des consommateurs accuse Meta de privilégier ses profits au détriment de la sécurité de ses utilisateurs. De son côté, le géant américain conteste ces accusations en mettant en avant la suppression de millions de publicités frauduleuses.
La Fédération américaine des consommateurs a intenté une action collective contre Meta pour « manquement à son obligation de protéger les utilisateurs ». Selon cette ONG, Meta mettrait sciemment en avant des publicités frauduleuses sur Facebook et Instagram.
Meta accusé de tirer profit des publicités frauduleuses
La Fédération américaine des consommateurs estime que Meta privilégie ses profits au détriment de la protection de ses utilisateurs. On retrouve dans son rapport publié en ligne des dizaines de publicités frauduleuses promouvant notamment un iPhone soi-disant offert par le gouvernement américain ou des chèques de 1 400 $ pour les personnes nées certaines années. L’ONG souligne également la prolifération de contenus générés par l’intelligence artificielle et donne comme exemple une vidéo générée par l’IA montrant Donald Trump faire la promotion d’un (faux) programme gouvernemental.
Comme le souligne la Fédération américaine des consommateurs, toutes ces publicités frauduleuses ne sont pas cachées, elles peuvent être retrouvées facilement dans la bibliothèque publicitaire de Meta. Pire, aussi surprenant que cela puisse paraître, certains de ces annonceurs peu scrupuleux indiquent eux-mêmes auprès de Meta que leurs contenus peuvent tromper les utilisateurs. Selon l’ONG, Meta facturerait alors davantage ces publications.
L’ONG explique : « Meta affirme faire tout son possible pour réprimer la publicité frauduleuse sur ses plateformes. Mais en réalité, Meta a sciemment pris des mesures et adopté des politiques qui gonflent ses bénéfices au détriment de la sécurité et du bien-être de ses utilisateurs. En fait, au lieu d’interdire les annonceurs dont l’entreprise a elle-même déterminé qu’ils présentaient un risque élevé pour ses utilisateurs […], Meta se contente de facturer davantage ces annonceurs. Le résultat pervers est que plus l’annonceur est risqué, plus Meta gagne de l’argent ».
Une situation qui perdure, Meta se défend
La présence d’arnaques sur les différentes plateformes de Meta n’est pas nouvelle. L’année dernière, Reuters révélait, après avoir pu consulter des documents internes de l’entreprise, que Meta engrangeait des milliards de dollars grâce à des publicités faisant la promotion d’escroqueries et de produits interdits. En 2024, le Wall Street Journal a répertorié sur Instagram et Facebook des centaines de publicités pour des drogues dures, des opioïdes et des médicaments. Par ailleurs, ces publicités étaient dans certains cas accompagnées de photos explicites de ces produits illicites. Pour rappel, c’est l’intelligence artificielle qui se charge en grande partie de modérer les contenus publicitaires.
Face aux accusations de la Fédération américaine des consommateurs, un porte-parole de Meta a expliqué dans un communiqué : « Les allégations de la CFA déforment la réalité de notre travail et nous les battrons en justice. Nous combattons vigoureusement les arnaques sur l’ensemble de nos plateformes afin de protéger les particuliers et les entreprises. L’année dernière seulement, nous avons supprimé plus de 159 millions de publicités frauduleuses, dont 92 % ont été retirées avant même d’être signalées. Nous avons également supprimé 10,9 millions de comptes Facebook et Instagram associés à des centres d’appels criminels spécialisés dans l’escroquerie. Nous luttons contre les arnaques parce qu’elles sont préjudiciables à nos activités : les utilisateurs n’en veulent pas, les annonceurs n’en veulent pas, et nous n’en voulons pas non plus ».
Quoi qu’il en soit, Meta multiplie les controverses. Entre son projet « Name Tag » qui suscite de vives inquiétudes, une nouvelle vague de licenciements et les accusations de non protection des mineurs, l’entreprise de Mark Zuckerberg est sous le feu des critiques.
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Source :
Wired