Pénurie de kérosène en vue ? Le prix des billets d’avion risque d’exploser pour les vacances d’été

Pénurie de kérosène en vue ? Le prix des billets d'avion risque d'exploser pour les vacances d'été



Le patron de l’Agence internationale de l’énergie parle de « plus grande crise énergétique jamais connue ». L’Europe dispose de six semaines de stock de kérosène, et le cessez-le-feu avec l’Iran vacille.

Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, n’a pas mâché ses mots jeudi 16 avril. « En Europe, il nous reste peut-être six semaines de kérosène », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que des annulations de vols en Europe étaient à prévoir « bientôt ». Le prix du kérosène en Europe du Nord-Ouest a atteint 1 900 dollars la tonne le 14 avril. Il plafonnait à 750 dollars avant le début du conflit. Le carburant, qui représentait 25 % des coûts d’une compagnie, en pèse désormais 45 %.

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Combien va coûter votre billet cet été ?

Air France a acté une surcharge de 100 € par aller-retour long-courrier. British Airways ajoute 28,50 livres par vol. Sur les liaisons courtes européennes, les suppléments oscillent entre 10 et 30 € par billet. Un Paris-Barcelone est passé de 98 à 126 € en une semaine.

Les compagnies low cost absorbent le choc à court terme grâce à leurs couvertures carburant. EasyJet a couvert 70 % de son approvisionnement estival à prix fixe. Mais la compagnie britannique accuse déjà 25 millions de livres de surcoût carburant sur le seul mois de mars. Ses réservations pour la fin d’année reculent de 2 % par rapport à 2025. Au total, easyJet anticipe une perte avant impôts de 540 à 560 millions de livres au premier semestre.

Lufthansa a choisi l’amputation. La compagnie allemande ferme immédiatement sa filiale régionale CityLine et retire 27 avions anciens, trop gourmands en carburant. L’Italie rationne déjà le kérosène sur plusieurs de ses aéroports. ACI Europe, qui représente les aéroports de l’Union, prévient que la haute saison estivale sera perturbée. L’association évoque des « conséquences économiques sévères » pour les États membres dépendants du tourisme.

Que prévoit le plan d’urgence de Bruxelles ?

La Commission européenne présente ce 22 avril une multitude de mesures pour atténuer l’impact de la crise iranienne sur les marchés de l’énergie. Un projet de texte qui a filtré esquisse quatre axes. Une cartographie des capacités de raffinage des Vingt-Sept doit identifier les marges de production disponibles sur le continent. Un mécanisme d’achats groupés de kérosène, calqué sur le plan gaz de 2022, est à l’étude.

Les compagnies aériennes, regroupées dans le lobby Airlines for Europe, demandent aussi une clarification sur les créneaux aéroportuaires. Elles veulent que les annulations liées au conflit soient traitées comme un cas justifié de non-utilisation. Sans cette garantie, elles risquent de perdre leurs droits de décollage futurs. La Commission n’a pas confirmé que le paquet inclurait des mesures propres au kérosène.

La France dispose d’un filet de sécurité via la SAGESS, qui gère environ 97 millions de barils de stocks stratégiques de produits pétroliers. De quoi éviter une rupture sèche, mais pas contenir la flambée des prix. Les billets d’été 2026 coûtent déjà 20 à 40 % plus cher qu’en 2025.

Et si le cessez-le-feu s’effondre ?

La situation géopolitique ne laisse pas beaucoup de place à l’optimisme. Ce lundi 21 avril, les négociations d’Islamabad entre Washington et Téhéran sont au point mort. L’Iran a quitté la table après la saisie d’un cargo iranien par la marine américaine dimanche. Les États-Unis maintiennent un blocus naval des ports iraniens, instauré le 13 avril. Donald Trump a déclaré que ce blocus resterait en place « jusqu’à ce qu’il y ait un accord ».

En parallèle, le parlement iranien prépare une loi interdisant le passage du détroit d’Ormuz aux navires des pays « hostiles ». Les autres devraient payer un péage. Plus de 230 pétroliers chargés attendent déjà à l’intérieur du golfe Persique. Fatih Birol met en garde contre cette logique de péage. Si elle devient permanente à Ormuz, le précédent pourrait être appliqué au détroit de Malacca en Asie. Ce passage concentre une part encore plus importante du commerce mondial.

Deux scénarios se dessinent pour l’été. Une réouverture partielle du détroit permettrait une détente progressive dès juillet. Un conflit prolongé maintiendrait le kérosène à des niveaux critiques tout l’été, avec des annulations massives sur le long-courrier. L’AIE a qualifié la crise actuelle de « plus grande crise énergétique jamais affrontée ». Les pays en développement d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine seront touchés encore plus durement que l’Europe.

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Source :

Boing Boing



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