Roland-Garros autorise les wearables pour la première fois en Grand Chelem : bonne idée ?

Roland-Garros autorise les wearables pour la première fois en Grand Chelem : bonne idée ?



Roland-Garros 2026 autorise pour la première fois les wearables en Grand Chelem. Whoop, capteurs GPS, raquettes connectées : ce que ça change pour les joueurs.

Pour la première fois dans l’histoire des Grands Chelems, les joueurs pourront porter des équipements connectés pendant leurs matchs. Roland-Garros, qui débute le 24 mai et va servir de crash test contre le piratage IPTV, a annoncé mi-avril autoriser à titre expérimental l’ensemble des wearables approuvés par la Fédération internationale de tennis. Wimbledon et l’US Open emboîteront le pas dans la foulée. Une décision attendue par les joueurs qui soulève néanmoins des questions sur son réel bénéfice.

Des montres, des raquettes connectées et des capteurs GPS

Sous le terme « wearables » se cachent une quarantaine d’appareils testés et approuvés par l’ITF : montres biométriques, raquettes équipées de capteurs, outils de géolocalisation. Le plus emblématique est sans doute le bracelet Whoop, qui mesure la fréquence cardiaque, la variabilité du rythme cardiaque, la température cutanée et la saturation en oxygène. Aryna Sabalenka, ambassadrice de la marque, Carlos Alcaraz et Jannik Sinner avaient tous trois été contraints de le retirer avant leurs matchs à l’Open d’Australie en janvier, dans ce qui avait été perçu comme une humiliation publique pour des sportifs de haut niveau.

La logique des wearables dans le sport est bien établie. Les données biométriques collectées en match sont précieuses précisément parce qu’il est impossible de reproduire en entraînement les conditions réelles de la compétition. Sinner l’avait lui-même expliqué en conférence de presse à Melbourne : l’intérêt n’est pas d’avoir des informations en temps réel pendant le match, mais d’analyser les données après coup pour mieux préparer les séances suivantes.

L’Open d’Australie comme déclencheur

L’épisode australien avait mis en lumière l’absurdité d’une règle à géométrie variable : les circuits WTA et ATP autorisent ces appareils respectivement depuis 2021 et 2024, et l’ITF les avait approuvés pour la compétition, mais chaque Grand Chelem gardait la main sur sa propre réglementation. Résultat : des joueurs portant leurs wearables toute l’année se voyaient contraints de les retirer uniquement lors des tournois les plus importants. La pression des joueurs et des associations a finalement eu raison de cette incohérence, Roland-Garros servant de cobaye pour l’ensemble des Grands Chelems.

L’US Open a par ailleurs signé un accord de sponsoring avec Oura, fabricant d’un anneau connecté figurant parmi les appareils validés par l’ITF ? Une initiative qui laisse peu de doute sur la direction prise par les organisateurs américains.

Le paradoxe des données

Reste une question que les chercheurs posent avec prudence : ces outils aident-ils vraiment ? Recueillies dans des conditions moins stables qu’en laboratoire, les données des wearables doivent être interprétées avec soin, avertit Antonio Morales, chercheur en physiologie à l’Insep. Mal utilisées, elles peuvent devenir « une source de stress » plutôt qu’un avantage.

L’expérience de certaines joueuses illustre ce paradoxe. Madison Keys, lauréate de l’Open d’Australie 2025, a arrêté d’utiliser sa montre connectée après être devenue selon ses propres mots « un peu trop obsédée » par les données, au point de se réveiller la nuit pour vérifier la qualité de son sommeil. Diane Parry, pourtant équipée d’une Whoop, a elle aussi renoncé à l’utiliser en compétition : « On peut vite psychoter sur le sommeil et la récupération », confie-t-elle à l’AFP.

Jean Slawinski, chercheur en biomécanique à l’Insep, résume la problématique : un joueur qui s’autogère avec sa montre sans accompagnement spécialisé prend un risque. « La donnée ou l’outil ne remplacent pas l’humain », insiste-t-il. Le tennis, moins avancé que d’autres sports dans l’exploitation des données, devra apprendre à encadrer ce nouvel outil avant d’en tirer les bénéfices attendus.

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Source :

RTBF



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