Samsung s’étrangle avec ses propres puces

Samsung s'étrangle avec ses propres puces



Le smartphone le plus vendu de l’histoire de Samsung pourrait précipiter sa division mobile vers sa toute première perte annuelle. Le coupable n’est ni un concurrent ni un défaut de conception, mais un composant que Samsung fabrique lui-même.

On connaît le refrain des lancements réussis : précommandes en hausse, ruptures de stock, communiqués victorieux. Le Galaxy S26 coche toutes les cases, avec une croissance à deux chiffres aux États-Unis et en Europe occidentale. Sauf que cette fois, vendre plus ne veut plus dire gagner plus. TM Roh, le patron de la division mobile (MX), a prévenu la direction qu’un déficit annuel était désormais envisageable. Ce serait une première depuis la création de l’entité. Autrement dit, Samsung bat des records et perd de l’argent en même temps.

Comment la RAM est devenue la première ligne de dépense d’un Galaxy

Pour comprendre l’ampleur du problème, un chiffre suffit. Sur un an, les prix de la DRAM ont été multipliés par 8,5. La mémoire représente désormais environ 20 % du coût de fabrication d’un smartphone haut de gamme, contre 10 à 15 % un an plus tôt. Et ce n’est que la DRAM : en comptant la NAND (le stockage), certains analystes montent à 30 ou 40 %.

Samsung a bien tenté de répercuter la hausse. En France, le Galaxy S26 Ultra a été lancé à 1 469 euros en 256 Go, contre 1 419 euros pour le S25 Ultra à stockage équivalent. Samsung a aussi doublé le stockage de base à 256 Go sur les modèles standard pour amortir le choc. Won-Joon Choi, directeur des opérations de la branche mobile, l’a admis sans détour en février : la pénurie mémoire est le facteur principal de la hausse. Mais le surcoût sur l’étiquette ne compense pas celui des composants. Le bénéfice opérationnel de la division MX pourrait chuter de 8,6 milliards d’euros en 2025 à environ 3,3 milliards cette année, voire basculer dans le rouge.

En coulisses, c’est le mode survie. Les dépenses sont amputées de 30 %. Les cadres voyagent désormais en classe économique. Le Galaxy TriFold, lancé il y a trois mois à peine, a été retiré du marché. Les employés les plus anciens sont incités à partir plus tôt que prévu.

Samsung contre Samsung : quand l’intégration verticale se retourne

Voilà où l’histoire devient contre-intuitive. La division semi-conducteurs de Samsung, celle-là même qui fabrique la LPDDR5X utilisée dans les Galaxy, a dégagé près de 34 milliards d’euros de profit au premier trimestre 2026. Sept fois plus qu’un an plus tôt. Elle vend ses puces au plus offrant, et les plus offrants s’appellent Nvidia, Microsoft, Meta. Des centres de données IA qui engloutissent toute la production disponible. Les contrats sont renégociés chaque trimestre, sans rabais interne pour la branche mobile.

Samsung achète donc sa propre RAM au tarif mondial. L’intégration verticale, ce modèle qui devait protéger le constructeur des aléas du marché, produit exactement l’effet inverse. La division la plus rentable du groupe alimente la crise de la division la plus exposée. Et ce n’est pas un accident conjoncturel. Chaque plaquette de silicium allouée à un GPU d’intelligence artificielle est une plaquette retirée du module mémoire d’un smartphone. L’offre mondiale de DRAM et de NAND ne progressera que de 16 à 17 % cette année, bien en dessous des moyennes historiques. La stabilisation n’est pas attendue avant mi-2027. Samsung vend plus de Galaxy que jamais. Le problème, c’est que Samsung vend aussi plus de RAM que jamais, et pas aux mêmes clients.

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Source :

SammyGuru



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