TikTok dans le viseur des sénateurs

TikTok dans le viseur des sénateurs


C’est parti pour le début des travaux de la commission d’enquête sénatoriale sur TikTok, ce très populaire réseau social de vidéos d’origine chinoise qui a ringardisé Facebook. Ce mercredi, les 19 sénateurs doivent ainsi se réunir pour leur première réunion. Un rendez-vous qui va permettre de désigner le président, le rapporteur et le bureau de cette structure temporaire, un préalable aux autres investigations.

La création de cette commission d’enquête avait été demandée par le sénateur Claude Malhuret, le président du groupe Les Indépendants – Républiques et territoires, qui regroupe des élus du parti Horizons, le parti de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe. A défaut d’être lui-même sur TikTok, comme il l’a signalé à Public Sénat, le sénateur peut se targuer d’avoir déjà eu un pied dans le numérique, avec la cofondation du site Doctissimo en 1999.

Inquiétudes sur la conformité au RGPD

Les sénateurs ont désormais six mois pour plancher sur l’utilisation du réseau social, son exploitation des données, et sa stratégie d’influence. Comme ils l’expliquent dans leur proposition de résolution, les élus de la Chambre haute s’inquiètent d’un non-respect par l’application du Règlement général sur la protection des données à caractère personnel (RGPD).

Le réseau social est sous le coup de deux enquêtes lancées par l’autorité irlandaise chargée de la protection des données personnelles. Il est à ce titre, rappellent les sénateurs, « soupçonné de ne pas observer la nécessaire confidentialité quant aux données à caractère personnel de ses utilisateurs étrangers, voire de les communiquer à des organismes tiers ».

Un rapport interne de la maison mère de TikTok, la société ByteDance, dévoilé par Forbes en décembre, avait montré que des employés avaient utilisé les données collectées par TikTok pour identifier les sources de journalistes. Les sénateurs s’interrogent également sur l’existence d’un mode de fonctionnement différencié entre la Chine et le reste du monde. « Cherchant à accroître le caractère addictif de son application par la propagation de contenus tapageurs à l’étranger, l’application partagerait au contraire des contenus pédagogiques en Chine », remarquent-ils.

Vents mauvais pour TikTok

Le lancement de la commission d’enquête intervient dans un contexte très difficile pour TikTok. Il y a deux semaines, la Commission européenne, suivie plus tard par le Parlement européen, a ainsi demandé à ses employés de supprimer l’application de leurs appareils professionnels, en invoquant des problèmes de protection des données. Et aux Etats-Unis, la Maison blanche soutient un projet de loi qui permettrait d’interdire des applications telles que TikTok.

Si le réseau social estime être la victime d’un mauvais procès, ses détracteurs s’inquiètent du risque de transformation de l’application en outil d’espionnage au vu du large champ de données collectées, un risque concret depuis une loi chinoise de 2017 sur le renseignement imposant une coopération aux entreprises.





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