tout ce qu’on sait de son casque de réalité virtuelle et mixte

Apple se prépare à lancer son premier casque de réalité mixte.


Ce n’est presque plus un mystère… Et pourtant il continue d’être attendu comme le messie, par les fans d’Apple, par le marché de la réalité virtuelle, qui n’arrive pas à prendre son essor, et par ceux qui veulent croire que la révolution de la réalité augmentée ne pourra pas advenir sans une phase de maturation technologique qui doit passer par la réalité mixte.

Le casque de réalité mixte et virtuelle d’Apple est en retard, sans l’être. Apple n’ayant jamais communiqué sur la moindre date de sortie. Il sortira donc quand il sera prêt, mais les nombreuses rumeurs l’ont déjà annoncé plus d’une fois comme à nos portes. Au point qu’on l’espérait l’an dernier, à la WWDC d’abord, puis en fin d’année. Désormais, le temps avant son officialisation est compté, et les vagues de plus en plus précises et régulières de révélations semble le confirmer.

Voilà un point sur ce qu’on sait, croit savoir et espère…

Quel serait son nom ?

Apple a toujours un sens aigu du marketing et donc de l’appellation de ses produits. Pour ce nouveau casque, il semblerait que l’entreprise ait retenu le nom Reality Pro pour ce premier modèle, haut de gamme.

En août dernier, Mark Gurman indiquait aussi que le géant de Cupertino aurait également déposé le nom Reality One. Quelques mois plus tôt, la liste de noms potentiels semblait un peu plus longue, et comptait ainsi ­« Vision » et « Sight ».

Son système d’exploitation devrait s’appeler xrOS, si les rumeurs et les dépôts de marque disent vrai.

Apparence :  un design soigné, comment autrement ?

On sait que le design est un point clé chez Apple, qui ne saurait se contenter de plastique. Les équipes de Tim Cook auraient opté pour une esthétique proche de celle des masques de ski. Le casque serait un mélange de verre, d’aluminium et même de fibre de carbone, pour assurer solidité et légèreté.

Le serre-tête pourrait être amovible facilement, notamment pour être nettoyé. La façade avant serait composée d’une plaque de verre courbé, destinée à protéger un des trois écrans du casque.

Apple oblige, les différentes caméras et capteurs seraient cachés au mieux dans le casque, afin de ne pas nuire à l’esthétique de l’ensemble.

Ecrans : voir, et être vu

Le Reality Pro, si c’est son nom, devrait embarquer trois écrans. Deux dalles micro OLED 4K, produites par Sony, une pour chaque œil. La technologie d’affichage retenue permet de gagner en épaisseur et d’obtenir une densité de pixels plus élevée. Par ailleurs, outre un champ de vision de 120°, plus élevé encore que celui du Quest Pro, de Meta, le casque d’Apple pourrait ajuster automatiquement l’écartement des lentilles en fonction des yeux de l’utilisateur, afin de garantir la meilleure expérience possible. Pour ceux qui en ont besoin, des verres correcteurs pourraient être fixés grâce à des aimants.

Un troisième écran incurvé, doté d’un rafraîchissement moins important, devrait orner la façade avant extérieure du casque. Celle-ci servira à afficher les yeux et expressions du porteur afin que les personnes qui l’entourent ne soient pas totalement coupées de lui.

Caméras et capteurs : une avalanche…

Douze caméras et lidars et une foule de capteurs variés (accéléromètre, gyroscope, etc.) Voilà ce que le casque d’Apple devrait proposer.

Les caméras (et lidars) devraient servir :

  • À filmer l’environnement pour le reproduire dans le cadre des expériences de relativité mixte, et pour situer l’utilisateur par rapport aux objets réels. Cette tâche serait surtout à la charge des lidars, capteurs de lumière et de profondeur de champ. Ils établiraient notamment une carte 3D de l’environnement autour de l’utilisateur.
  • À tracker les mouvements, la partie basse du visage (lèvres et mâchoires), des mains, des doigts et même des jambes de l’utilisateur, afin de les reproduire avec précision et d’interpréter certains gestes. Contrairement, aux casques de Meta, il serait possible d’avoir ainsi des avatars avec quatre membres, reproduits fidèlement.
  • À suivre les mouvements des yeux à l’intérieur du casque, pour savoir où regarde l’utilisateur, ce qui pourrait permettre trois choses.

Tout d’abord, de concentrer la puissance de calcul sur la zone regardée pour en améliorer le rendu visuel.

Ensuite, de reproduire ses expressions faciales sur l’écran externe du casque ou sur le Memoji de l’utilisateur lors de séances de chat.

Enfin, d’authentifier l’utilisateur pour faciliter la connexion à des services ou pour valider des paiements.

Descriptif de toutes les améliorations apportées par la puce M2.

Puissance : deux armes valent mieux qu’une

Après quelques difficultés, notamment liées à des problèmes de chauffe, Apple aurait arrêté son choix. Deux puces seraient au cœur de l’expérience de son Reality Pro.

  • Un ISP, nom de code Bora : gravé en 5 nm, ce processeur d’images est destiné à gérer les flux vidéo provenant de la douzaine de caméras et lidars embarqués. Il servira notamment à recomposer en temps réel l’environnement filmé pour le reproduire dans le casque, tout en permettant à l’utilisateur de savoir où il se trouve.
  • Un SoC, nom de code Staten : gravé en 5 nm, lui aussi, c’est en fait un M2. Comme celui qui anime les MacBook Air, MacBook Pro 13 pouces et Mac mini. La puce est puissante, on l’a vu.

Mais pour que tout fonctionne, Apple a, semble-t-il, dû développer une troisième puce dédiée à la communication entre l’ISP et le SoC. Par ailleurs, le géant californien aurait travaillé avec SK Hynix, géant de la mémoire, pour développer des puces mémoires dotées d’une bande passante suffisante.

À noter que le Reality Pro pourrait ne pas être compatible avec les casques Bluetooth classiques, mais seulement avec ceux qui embarquent la puce H2 d’Apple. Elle permettrait en effet de réduire les latences qui peuvent être parfois à l’origine du mal de la réalité virtuelle.

L’autonomie et la question de la batterie…

Les différentes sources fiables qui semblent effeuiller le mystère autour du Reality Pro sont d’accord sur un point, le casque d’Apple devrait proposer jusqu’à deux heures d’autonomie. Ce n’est pas énorme, mais dans la moyenne de ce qui se fait actuellement. D’autre part, aurez-vous envie de passer plus de deux heures avec un casque sur la tête ? Pas sûr.

Autre point intéressant : Apple aurait choisi d’utiliser une batterie externe. Grosse comme deux iPhone Pro Max superposés, elle se fixerait à la ceinture ou se glisserait dans une poche. Elle serait ensuite reliée au casque grâce à un câble MagSafe.

Cette solution, qui vise à alléger le poids du casque, aurait été validée et encouragée par Jonathan Ive, ancien grand manitou du design chez Apple. Mais, depuis son départ en tant que consultant en juillet dernier, les équipes de Tim Cook auraient pu changer d’avis. D’autant que des prototypes avec batterie intégrée seraient toujours testés.

Aura-t-on droit à une solution qui cumulerait les deux approches ? Une petite batterie légère et embarquée et une batterie externe pour les longues sessions de travail ? C’est à voir…

La couronne digitale grossie et est plus facile à faire tourner.
01net.com – La couronne digitale grossie et est plus facile à faire tourner.

Interactions : la touche Apple ?

Jusqu’à présent, la plupart des casques reposent sur des contrôleurs dédiés, avec lesquels on interagit aussi bien avec des boutons et des gâchettes qu’en bougeant les doigts – dont les mouvements sont interprétés par des capteurs.

Il semblerait qu’Apple ait contemplé l’idée d’utiliser une sorte de bague pour interagir avec son casque avant de s’orienter vers quatre méthodes différentes et complémentaires.

  • Siri, évidemment. Il est inenvisageable d’imaginer un nouveau produit Apple sans son assistant. Siri devrait être disponible et pourra exécuter des tâches simples, comme lancer des applications ou initier un appel, par exemple.
  • Aux doigts… Grâce aux caméras tournées vers l’extérieur et le bas, le casque d’Apple pourrait également interpréter certains gestes de vos doigts. Ainsi, toucher le bout de votre index et de votre pouce pourrait servir à valider un bouton ou un menu. Mais comment sélectionner ce choix ?
  • Et à l’œil… Grâce aux caméras placées à l’intérieur du casque, Apple pourrait déterminer quels éléments de l’interface vous regardez. Ainsi, il suffirait de pointer du regard un élément pour pouvoir ensuite le choisir…
  • Plus classique, l’interface pourrait aussi être contrôlée au travers du classique clavier et souris, si vous l’utilisez avec un Mac, par exemple.

Ce ne sera pas disponible au lancement, a priori, mais Apple travaillerait à un système de clavier virtuel qui permettrait de pianoter en air pour saisir du texte.

Enfin, précisons qu’une sorte de couronne digitale -proche de celle qu’on trouve sur la Watch- serait présente sur le casque et permettrait à l’utilisateur de basculer de la réalité virtuelle à la réalité (augmentée). Un moyen de facilement sortir d’un monde virtuel en cas d’urgence.

Interface : l’héritage iOS

Avec un système d’exploitation qui anime plus d’un milliard d’appareils, il est évidemment qu’Apple ne va pas réinventer la roue. A priori, xrOS -ce serait le nom du système d’exploitation- aurait une interface proche de celle des iPhone… mais en trois dimensions. Les icônes des applications et services seraient toujours alignées sur une grille.

On trouverait donc une ou plusieurs pages d’accueil, sur lesquelles pourraient être épinglées des widgets pour accéder facilement à des informations, comme la météo ou votre prochain rendez-vous…

On peut imaginer qu’un système de notifications et un centre de contrôle seront également de la partie. L’objectif d’Apple sera assurément de dépayser le moins possible les utilisateurs pour qu’aucune friction ne s’ajoute à la barrière naturelle de la VR.

L'App Store, d'Apple
Apple + 01net.com – L’App Store, d’Apple

Usages : un nouvel App Store, et une application pour chaque usage ?

Comme il se doit depuis le tout premier iPhone, le casque de réalité mixte d’Apple aura droit à son lot d’applications natives embarquées (Safari, Mail, Musique, etc.) – même si les nouveaux règlements européens compliqueront peut-être un peu la tâche d’Apple.

  • La visioconférence, mise en avant. Après trois ans de pandémie et autant de « visios », Apple semble beaucoup croire dans le potentiel des réunions virtuelles. Une version spéciale de FaceTime serait développée. Elle permettrait de converser en groupe, évidemment, ou en duo. Dans le premier cas, les utilisateurs seraient remplacés par des Memoji animés qui reproduiront les mouvements et expressions du porteur de casque. Dans le second cas, Apple pourrait avoir opté pour des avatars photoréalistes, qui demanderont beaucoup de puissance de calcul, d’où leur usage restreint aux appels en tête-à-tête.
  • Le divertissement, en bonne place. Apple envisagerait également de faire de son casque un moyen privilégié de consommer des contenus multimédias développés ou adaptés tout spécialement. Ainsi, les productions Apple TV+ auraient droit à une version dédiée. D’ailleurs, Apple aurait passé des accords avec de grands acteurs, comme Disney, pour produire des expériences virtuelles.

Les contenus sportifs seraient aussi mis en avant. Apple vient de lancer son offre de ligue de soccer nord-américaine… de quoi offrir des diffusions en streaming dans un environnement virtuel. Certaines rumeurs parlent de l’inévitable écran géant que tous les casques de VR proposent.

  • De la bureautique et de la productivité ? Apple semble aussi envisager que vous voudrez travailler avec un casque de réalité mixte sur la tête, afin d’avoir un plus grand bureau ou au moins une plus grande surface d’affichage. Il serait en tout cas possible de connecter un casque à un Mac.
  • Le jeu devrait évidemment être aussi au cœur de l’expérience de réalité mixte. Toutefois, Apple envisagerait surtout de confier cette partie aux développeurs tiers, comme il l’a fait jusqu’à présent. Il est intéressant de noter que dans un premier temps, Unity, le moteur de rendu graphique présent dans de nombreux jeux, ne devrait pas être disponible, sauf si Apple a trouvé un accord. Tout devrait reposer sur l’ARKit d’Apple et ses évolutions dans un premier temps.

Par ailleurs, point sur lequel Apple parait vouloir se distinguer, le Reality Pro ne devrait pas être accompagné d’un métavers. Il sera possible de chatter en groupe, et des applications permettront sans doute de créer des expériences sociales ludiques ou créatives, mais le géant de Cupertino ne paraît pas vouloir créer un équivalent au Horizon Worlds, de Meta.

Quoi qu’il en soit, derrière tous ces usages se cachent surtout un problème, celui rencontré par tous les casques de VR jusqu’à présent : quel usage les rend indispensables ? Qu’apportent-ils de plus, pas pour quelques passionnés, mais pour le plus grand nombre ?

Des outils pour encourager le développement de la réalité mixte

Depuis plusieurs années, Apple développe des outils pour préparer des applications et expériences de réalité virtuelle ou augmentée. C’est notamment le cas d’ARKit. Conscient que cela ne serait peut-être pas suffisant, l’entreprise serait également en train de préparer un outil qui permettra à tout un chacun, sans connaissance en programmation, de créer des expériences virtuelles ou augmentées.

La production de ce genre de contenu reposerait sur différents outils en cours de développement ou déjà disponibles, pour numériser facilement des objets ou individus en 3D, par exemple. L’essentiel du travail pourrait être fait en donnant des ordres à Siri, semble-t-il. Même si on a de la peine à le croire.

Prix et disponibilité

On ne peut pas dire qu’Apple nous ait habitué à des prix accessibles – surtout ces derniers mois. Son casque de réalité mixte devrait coûter jusqu’à 3 000 dollars, selon les configurations, d’après différentes fuites, que ce soit du côté de The Information ou de Bloomberg. Avec un prix de départ qui pourrait flirter avec les 2 000 ou 2 500 dollars.

Ce positionnement tarifaire destinerait clairement ce casque aux passionnés, aux fans fortunés ou aux professionnels. Il semblerait que les dirigeants d’Apple soient conscients de ce problème et aient déjà lancé leurs équipes sur une deuxième version, moins coûteuse, car moins performante.

Apple a toutefois intérêt à réussir à embarquer des développeurs et le plus grand nombre possible d’utilisateurs, s’il souhaite que son casque décolle.

Le géant de Cupertino envisagerait de vendre un million d’unités de son appareil la première année. Pour comparaison, l’iPhone s’est écoulé à 11,6 millions d’unités lors de sa première année pleine, et l’iPad a presque 32,4 millions d’exemplaires. Les ambitions d’Apple sont donc mesurées.

D’autant plus que le géant de Cupertino pourrait ne pas lancer son casque partout dans le monde. Disponible en quantité limitée, le Reality Pro pourrait être réservé au marché nord-américain, dans un premier temps.

Dates… au pluriel

Le casque de réalité virtuelle/mixte d’Apple devrait être annoncé, sauf mauvaise nouvelle de dernière minute, entre le mois de mars et la WWDC, qui se tient en juin. Ce petit décalage entre l’introduction du casque et sa conférence dédiée aux développeurs devrait permettre au géant de Cupertino d’embarquer davantage de programmeurs. A priori, de grands noms sont déjà équipés de modèles de casque de VR pour pouvoir leur création lors de l’évènement d’annonces. La WWDC serait alors l’occasion de répondre aux développeurs, de les aider, et d’encourager un effort important. Depuis l’iPhone, les nouveaux produits Apple ont droit à leur App Store, et les usages fédérateurs d’intérêt sont souvent portés par des développeurs tiers.

Le casque de réalité mixte ne serait lui lancé que dans la seconde moitié de l’année 2023. Au mois d’octobre ou novembre, peut-être, à temps pour les fêtes en tout cas.



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