Twitter lance son offre payante en France

Twitter lance son offre payante en France


C’est l’une des bouées de sauvetage à laquelle Elon Musk s’accroche pour tenter de remettre Twitter sur le chemin de la rentabilité, après la fuite de nombreux annonceurs. L’abonnement payant Twitter Blue, selon les constatations du Monde, a commencé d’être proposé aux usagers français du réseau social, vendredi 3 février, huit semaines après son lancement aux Etats-Unis.

Facturé 84 euros annuels, ou 8 euros mensuels hors taxe (en incluant la TVA, le tarif grimpe à 9,60 euros), Twitter Blue offre à ses utilisateurs français une réduction du nombre de publicités s’affichant dans leur fil – de l’ordre de 50 %, selon l’entreprise. L’argumentaire commercial du nouveau service précise que les publications de ses abonnés payants seront affichées en priorité dans le fil des autres internautes, ce qui pénalisera en retour les posts de ceux qui n’ont pas souscrit à Twitter Blue.

Les abonnés payants qui renseignent leur numéro de téléphone mobile verront apparaître, à droite de leur pseudonyme, un petit macaron bleu. Auparavant, ce dernier n’avait pas de lien avec un service payant, mais était réservé aux comptes vérifiés d’utilisateurs notoires – politiciens, artistes, intellectuels ou influenceurs, par exemple.

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Risques d’usurpation d’identité

Le fait qu’un tel macaron puisse maintenant être obtenu moyennant finances laisse craindre que des personnes malveillantes se fassent passer pour des personnalités, au point qu’il devienne difficile de distinguer les comptes légitimes des comptes usurpés. Deux types de comptes « certifiés » cohabitent en effet à présent sur le réseau social (qu’un clic sur le profil d’un utilisateur permet de différencier) : les abonnés à Twitter Blue d’un côté, et, de l’autre, les personnalités ayant fait l’objet de l’ancienne méthode de certification. Ces dernières ont vocation, à terme, à voir leur authentification retirée, selon les déclarations d’Elon Musk en décembre, mais aucun calendrier précis n’a depuis été annoncé.

Une fois sur le profil d’un utilisateur avec un compte certifié, un clic sur le badge bleu permet de voir comment cette personne a obtenu la certification.

Reste que ce mélange inquiète. Selon une enquête du quotidien britannique The Guardian, avant que Twitter Blue ne soit commercialisé aux Etats-Unis, l’équipe confiance et sécurité de la plate-forme a averti Elon Musk des dangers et des potentielles manipulations associés à l’émergence d’un macaron bleu payant dans un document de sept pages qui classait ce risque en priorité maximale.

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Un journaliste du Washington Post a ainsi créé au début du mois de janvier un compte Twitter au nom d’un sénateur américain, avec la complicité de l’homme politique, pour s’assurer que Twitter vérifiait bien l’identité des usagers avant l’attribution de ce macaron. Le faux compte @SenatorEdMarkey a reçu sans problème le badge de compte vérifié, alors même qu’un vrai compte @SenMarkey existait déjà, lui aussi badgé de bleu. En novembre, Elon Musk avait pourtant affirmé que les comptes Twitter Blue seraient « authentifiés manuellement » avant d’être marqués comme certifiés. Mais après le rachat de la plate-forme par le milliardaire américain, les équipes de modération de Twitter ont été décimées par des licenciements massifs.

L’API devient payante

Dans l’espoir de générer de nouveaux revenus, Twitter a également annoncé la monétisation d’un autre service. A compter du 9 février, il faudra payer pour utiliser son interface de programmation (API), dont la version la moins évoluée était jusqu’alors gratuite. Cette bibliothèque de services informatiques permet aux développeurs de connecter leurs logiciels à l’infrastructure de Twitter pour y puiser des informations en masse, comme la liste des usagers ou le contenu de millions de publications.

Elle sert notamment aux grandes entreprises pour gérer leurs relations avec les membres de Twitter, mais aussi à de petits développeurs bénévoles, passionnés par la création d’automates conversationnels, ou « bots », dont le contenu peut être artistique ou humoristique. Ceux-ci attendent probablement avec angoisse que Twitter révèle les tarifs de l’accès à cette API : le réseau social est l’un des rares à être ouvert à leurs créations.

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