Mozilla n’a rien annoncé, mais la version 154 de son navigateur planque une fonction que tout le monde réclamait. Petit détail savoureux : sur les pages de recherche de Google, sponsor historique de la fondation, les publicités passent entre les gouttes.
Sur iPhone, bloquer la publicité a longtemps relevé du parcours du combattant, entre applications tierces payantes et réglages dispersés. Firefox pour iOS, actuellement en version 154, embarque désormais un bloqueur de publicités expérimental, jamais annoncé officiellement et documenté sur une simple page de support. Le déploiement se fait au compte-gouttes, si bien que l’option ne s’affiche pas encore chez tout le monde.
Où se cache ce bloqueur et comment l’activer ?
Direction les réglages du navigateur, section navigation : si la loterie du déploiement vous a souri, une option de blocage des publicités y attend sagement. Elle s’active soit pour l’ensemble de la session en cours, soit site par site, pratique pour épargner les pages qui vivent honnêtement de leurs bannières (elles existent). Si rien n’apparaît, inutile de réinstaller quoi que ce soit : la fonction arrive par vagues, même sur un navigateur parfaitement à jour, et il faudra repasser plus tard.
Sous le capot, le filtrage s’appuie sur EasyList, une liste noire collaborative qui recense les adresses des régies publicitaires et des traqueurs (c’est ce qu’utilisent les ténors du blocage comme uBlock Origin et AdBlock). Le blocage intervient avant le chargement des éléments concernés, ce qui allège les pages au passage, mais certains encarts continueront de se faufiler. Mozilla assume par ailleurs ce lancement en catimini : aucune annonce, juste une page de support en anglais et une ligne sur son tableau des fonctions en cours de développement. Une transparence de contrebande, en somme.
Lire aussi : « Un site répugnant, hostile à ses utilisateurs » : uBlock Origin déclare forfait face à Facebook
Pourquoi les pubs des recherches Google passent-elles entre les mailles ?
Reste le détail qui pique : Mozilla précise noir sur blanc que son bloqueur ignore les publicités affichées sur les pages de résultats des moteurs de recherche, Google en tête. Les liens sponsorisés de la page d’accueil de Firefox restent eux aussi intouchables. Le hasard fait bien les choses : Firefox génère environ 90 % des revenus de Mozilla. Et près de 85 % de cette manne découle directement de l’accord qui installe Google en moteur de recherche par défaut, sur un magot total avoisinant les 570 millions de dollars par an. La justice américaine a d’ailleurs maintenu ces paiements fin 2025, en les limitant à des contrats non exclusifs renégociés régulièrement. Mordre la main qui vous nourrit demande un certain doigté, et la fondation en fait ici la démonstration.
Safari accepte les bloqueurs de contenu depuis 2015, et il aura donc fallu plus de dix ans à Firefox pour proposer l’équivalent en natif sur iPhone. Le moteur, lui, reste imposé : sur iOS, Firefox tourne toujours sur la mécanique WebKit d’Apple, réglementation européenne ou pas. À 3,79 % de part de marché sur ordinateur, le navigateur joue sa survie sur ce genre d’arguments grand public, la navigation débarrassée de sa pollution visuelle restant l’une des rares raisons de quitter les navigateurs par défaut.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.
Par : Opera
Source :
Mozilla