Allez-vous bientôt jouer avec une carte graphique chinoise plutôt qu’une GeForce Nvidia ?

Le GPU de Moore Threads MTT S80 GPU chinois China


Pour la première fois, un GPU 100% chinois se montre en une déclinaison gaming où les compatibilités des jeux sont clairement annoncées. Si la route semble longue avant de voir arriver des puces en occident, l’Empire du Milieu monte en puissance dans le domaine.

Des GPU chinois, on en a déjà déniché, mais comme celui-ci, jamais ! Car alors que toutes les puces dont nous vous avions parlé jouaient la carte de la « puce souveraine », le nouveau GPU du chinois Moore Threads Intelligent Technology a une carte inédite dans sa manche : le gaming. Si le MTT Chungxiao (prononcer « Tchoungssiao ») répond aussi à des cahiers des charges de calcul intensif et autre station de travail dans une déclinaison adaptée, la version S80 a tous les atours d’une carte graphique de jeu.

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Pour la première fois, un acteur chinois du monde du GPU va même jusqu’à afficher des illustrations d’un panel de jeux (connus !) compatibles. Aux sempiternels League of Legends et autre Counter-Strike très prisés des publics asiatiques, on retrouve aussi des titres plus globaux (ou occidentaux) comme Call of Duty MW2, Batman Arkham Asylum, Skyrim et autres Battlefield. À cela s’ajoute même des jeux indépendants comme l’excellent Dead Cells ou Risk of Rain. Manière de prouver que les drivers de ce GPU sont à même de tout faire tourner. Sans pour autant que Moore Threads ne prenne de risque en communiquant un niveau de performances. Mais au moins une étape semble franchie.

Cette approche d’ubiquité se ressent aussi dans les plateformes prises en charge : aux traditionnelles puces x86 d’Intel et AMD, Moore Threads a aussi développé des drivers pour plates-formes ARM ou Loongarch, soutenues localement par différentes autorités chinoises. Idem pour les systèmes d’exploitation, ou au traditionnel Windows s’ajoute immédiatement Linux.  Ce qui est logique, car la puce MUSA Chungxiao (MUSA pour MT Unified System Architecture) se décline en deux versions : la MTT S3000 pour les calculs des centres de données, et la MTT S80 pour les gamers. Quoique les puces soient les mêmes, la version S3000 profite du double de RAM (32 Go) et une dissipation passive. Alors que la version S80 pour les gamers se contente de 16 Go et intègre trois ventilateurs.

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Du point de vue technologique, la S80 est intéressante, au moins pour l’histoire de l’informatique, au sens où elle est la première carte graphique à notre connaissance à se baser sur le standard PCI Express 5.0. Avec ses 22 milliards de transistors et son moteur multimédia à jour (8K, AV1, etc.), la carte a bien l’air d’un produit bien fini. Et certains signaux, plus indirects, laissent à penser que cette entreprise qui pointe à peine son nez sur nos radars est belle et bien sérieuse.

Les détails du GPU MTT S80

Le niveau de détails des promesses de performances d’une part, avec des indicateurs clairs – 460 Gtexels/s, 14 Tflops (pour la S 80). Il y a aussi qualité des illustrations et des graphiques d’autre part, largement aux standards « américains » d’AMD, Nvidia ou Intel. Ou encore le fait que le site Web de l’entreprise soit rapide, facile à naviguer et propre. Et surtout le nombre de technologies (PCIe 5.0, PyTorch, Vulkan) et plates-formes prises en charge. Et finalement le fait que le tout semble former une carte ni larguée technologiquement, ni nimbée de promesses impossibles à atteindre.

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Avec la pression que les Etats-Unis font peser sur la filière des puces chinoises, il est difficile de prédire avec certitude que nous puissions rapidement jouer avec une carte graphique chinoise plutôt qu’américaine. Mais en tant qu’observateurs, on ne peut que noter qu’au fur et à mesure que les années passent, les spécifications et la puissance des GPU 100% chinois ne cessent de croître.

Source :

Tom’s Hardware (US), Tom’s hardware FR



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