Apple prépare une alternative à ChatGPT, mais se méfie des IA génératives

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Apple développe sa propre technologie d’IA générative… mais refuse que ses employés se servent de ChatGPT ou d’un chatbot analogue. La firme redoute que des données confidentielles soient absorbées par ses concurrents.

Apple ambitionne de se lancer dans le monde de l’intelligence artificielle. D’après nos confrères du Wall Street Journal, le géant californien travaille actuellement sur « sa propre technologie similaire » à ChatGPT. Le média explique avoir examiné des documents internes d’Apple et interrogé des « personnes familières avec la question ».

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Apple développe des modèles d’IA

Des modèles linguistiques, analogues à GPT d’OpenAI, Palm de Google ou LLaMA de Meta, sont apparemment en cours de conception dans les laboratoires d’Apple. Ceux-ci sont chapeautés par John Giannandrea vice-président senior de l’apprentissage automatique et de l’IA chez Apple. Pour développer ces modèles, le groupe peut également compter sur les innovations des nombreuses start-ups, spécialisées dans l’IA, acquises ces dernières années. En 2020, Apple a par exemple racheté la société Inductiv, qui a créé une IA capable d’automatiser les tâches d’identification et de correction des erreurs dans les données. Citons aussi le rachat de Xnor.ai, d’AI Music ou, plus récemment, de WaveOne.

Ce n’est pas le seul projet lié à l’IA dans les cartons de l’entreprise. En parallèle, Apple travaille sur une intelligence artificielle destinée à assister les porteurs d’Apple Watch. Par le biais d’un abonnement payant, ce coach virtuel va fournir des conseils de santé aux utilisateurs en s’appuyant sur leurs données.

Apple se méfie de ChatGPT

Tout en préparant sa propre solution, Apple a explicitement interdit à ses employés d’utiliser une IA générative pour les assister dans leur travail. L’entreprise a notamment demandé à ses employés de ne pas se servir de Copilot, l’IA de Microsoft qui assiste les développeurs. Celle-ci est capable de générer et de compléter du code informatique dans plusieurs langages de programmation, comme le JavaScript et le Python. Pour obtenir du code, les développeurs doivent d’abord fournir à l’IA une partie de leur travail.  Apparemment, les IA génératives étaient régulièrement utilisées par les employés d’Apple.

Cette restriction est motivée par les craintes d’Apple en matière de confidentialité. Le géant de Cupertino redoute en effet que les données fournies par ses salariés ne finissent sur les serveurs d’OpenAI et Microsoft. La start-up derrière ChatGPT collecte par défaut toutes les conversations de ses utilisateurs pour améliorer ses modèles linguistiques.

En miroir d’Apple, Samsung a interdit à ses salariés d’utiliser des chatbots intelligents dans le cadre de leur travail. Le géant sud-coréen menace même de renvoyer tous les employés récalcitrants, tout en soulignant qu’une alternative, réservée à l’entreprise, est en cours de développement. Plus modéré, le géant Amazon a mis en garde ses employés des risques inhérents à l’IA générative en matière de confidentialité.

Comme Samsung et Amazon, Apple redoute que des informations sensibles, concernant ses systèmes d’exploitation ou de futurs projets confidentiels, ne finissent par tomber entre les mains de ses concurrents ou d’entités malveillantes. Notez qu’Apple est connu pour imposer un véritable culte du secret à ses employés. La firme a toujours mis tout en œuvre pour éviter les fuites en amont de la sortie de ses produits. Récemment, Apple a d’ailleurs piégé la salariée qui divulguait ses innovations sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, l’interdiction de ChatGPT et consorts n’est pas une surprise.

OpenAI et Microsoft cherchent à rassurer les entreprises

Conscient des craintes suscitées par son chatbot, OpenAI a prévu de lancer un abonnement destiné aux entreprises, ChatGPT Business. Dans ce cas-ci, les données des interlocuteurs ne seront pas utilisées pour entraîner le modèle de langage. Microsoft, partenaire privilégié d’OpenAI, planche également sur une solution pour rassurer les entreprises désireuses d’exploiter l’IA. L’éditeur développe une version de ChatGPT plus respectueuse de la confidentialité. L’offre garantit aux professionnels que leurs données seront stockées sur des serveurs dédiés, bien séparées des informations des autres usagers.

Source :

Wall Street Journal



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