Apple veut ses propres puces pour fin 2024

Apple est en train de développer ses propres modems 5G.


D’ici plus ou moins deux ans, le géant de Cupertino va franchir un nouveau cap dans le contrôle qu’il exerce sur ses produits phares, comme l’iPhone ou l’iPad. Il devrait introduire son propre modem 5G, avant d’intégrer des puces également capables de gérer le Wi-Fi et le Bluetooth.

Les SoC Apple Silicon n’étaient qu’un début, on le savait, vers toujours plus d’indépendance d’Apple vis-à-vis de ses fournisseurs et toujours plus d’intégration entre hardware et logiciel dans ses produits. La prochaine étape n’est plus si lointaine. Apple s’apprêterait bientôt à renforcer son contrôle sur ses iPhone, iPad et peut-être même Mac.

Un modem cellulaire, juste pour commencer

Mark Gurman, de Bloomberg, vient en effet de ramener sur le devant de la scène un projet qui était repassé dans l’ombre ses derniers mois. D’après lui, les équipes de Tim Cook avanceraient bien sur le projet interne de modem 4G/5G, au point que les premières puces maison permettant aux iPhone de se connecter aux réseaux cellulaires pourraient être introduites dès la fin de 2024 ou le tout début de 2025.

Le journaliste de Bloomberg donne davantage de détails sur cette bascule vers des modems Apple. Les ingénieurs du géant devraient progresser par palier et commencer la transition en partant des iPhone haut de gamme, ce qui prouve les ambitions d’Apple en matière de performances fournies. Il semblerait que le géant de Cupertino table ensuite sur une phase transitoire de trois ans, au cours desquels de plus en plus de produits Apple passeraient des modems Qualcomm à celui d’Apple.

Pour l’instant, la société de San Diego va continuer à fournir ses puces à Apple, il devrait ainsi équiper la vaste majorité des iPhone 2023. Pour les années suivantes, Qualcomm se veut serein, Apple ne représentant pas une grosse partie de son chiffre d’affaires, puisqu’il fournit la quasi-intégralité des fabricants de smartphones Android.

Un projet en cours depuis cinq ans au moins

Bien que nouvelles, ces informations ne sont pas surprenantes. Cela fait plusieurs années que les intentions d’Apple sont connues. Le géant californien aurait commencé à travailler sur ce projet aux alentours de 2018.
En 2019, il rachetait la division modem 4G/5G d’Intel pour mettre la main sur ses ingénieurs et son portefeuille de brevets. Depuis des rumeurs et fuites indiquaient que les équipes de Tim Cook préparent un modem maison. Il aurait même dû être lancé cette année, si les ingénieurs d’Apple n’avaient pas rencontré quelques soucis, à la fois techniques et liées à la difficulté de composer avec un domaine saturé de brevets.

Aux dernières nouvelles, les modems développés par Apple souffraient d’un problème d’échauffement et de consommation trop élevés qui les rendaient inutilisables dans des appareils fonctionnant sur batterie.
La tâche n’est clairement pas aisée. Il faut garder en tête que l’iPhone doit être capable de fonctionner avec plus de 100 opérateurs mobiles à travers le monde, dans plus de 175 pays, ce qui complique évidemment les tests et donc la validation finale de ces puces.

Ces tests ne doivent surtout pas être négligés, car il est impensable pour Apple d’offrir des puces qui fonctionnent moins bien ou consomment davantage que celles développées et fournies par Qualcomm. Un sacré défi à part entière vu le savoir-faire de la société de San Diego.

Après la 5G, le reste du sans-fil

Mais les modems cellulaires ne seraient qu’une nouvelle étape. Mark Gurman croit savoir qu’Apple travaillerait d’ores et déjà à une puce qui intégrerait la 4G/5G, ainsi que le Wi-Fi et le Bluetooth. Ce dernier point n’est pas négligeable quand on sait qu’Apple conçoit déjà des puces, comme la H2, pour faciliter et optimiser la connexion entre un casque sans-fil et ses appareils. Le contrôle de ce genre de puces pourrait ouvrir la porte à de nouvelles fonctions intégrées aux produits d’Apple.

Quoi qu’il en soit, ce module sans-fil Bluetooth et Wi-Fi implique qu’un autre partenaire d’Apple se verrait congédié à terme, on parle ici de Broadcom. Dès 2025, ses modules Wi-Fi et Bluetooth pourraient être remplacés par les puces d’Apple dans les iPhone, iPad, et peut-être même Mac. Peut-on dès lors espérer des Mac capables de se connecter à Internet via les réseaux cellulaires sans partage de connexion avec un iPhone ? On peut toujours l’espérer.

Évidemment, ce changement stratégique ne sera pas sans conséquence pour Broadcom, puisque le géant de Cupertino représente environ 20% de ses revenus annuels. Le journaliste de Bloomberg précise toutefois qu’Apple aura encore besoin de Broadcom pendant quelque temps puisqu’il utilise également les puces de son partenaire américain pour gérer le chargement sans-fil de ses appareils. Un sursis donc, mais qui pourrait être de courte durée, car Mark Gurman indique qu’Apple est également en train de développer ses propres puces pour cet usage.

Plus qu’aucun autre fabricant de smartphones et de PC, Apple contrôle les composants qu’il y embarque. Les SoC Ax et Mx ne sont que la façade d’un mouvement de fond, pensé pour renforcer l’intégration matériel/logiciel et permettre aux produits Apple de se distinguer de la concurrence. En développant ses propres puces, Apple réalise de fortes économies, rend ses produits plus uniques encore, contrôle davantage sa chronologie d’innovation. C’est du moins le cas quand tout va bien. Car en cas de problème rencontré par ses équipes, il se retrouve seul pour l’affronter, et potentiellement à la traîne de la concurrence.

Source :

Bloomberg



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