des IA auraient démasqué les auteurs qui se cachaient derrière « Q »

des IA auraient démasqué les auteurs qui se cachaient derrière « Q »



Il a suscité la création du mouvement complotiste d’extrême droite « QAnon », mais personne ne savait qui c’était. L’identité de l’auteur « Q » — qui a commencé à poster ses premiers messages en octobre 2017 sur l’image board « 4chan » en dénonçant la pratique du culte sataniste au sein du gouvernement américain — a toujours été mystère.

Mais celui-ci a peut-être été levé, comme le révèle le New York Times. Deux équipes indépendantes d’experts en linguistique et en intelligence artificielle, l’une suisse et l’autre française, ont décortiqué le style des messages postés par Q et l’ont comparé à ceux de certains de ses fans. Résultat : derrière ce pseudonyme se cacheraient en fait deux auteurs. Le premier serait Paul Furber, un informaticien et journaliste d’Afrique du Sud, adepte de théories du complot. Il a d’ailleurs été le premier à révéler les messages de Q et à les diffuser à une large audience.

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Le second auteur serait Ron Watkins, lui aussi conspirationniste et ancien administrateur de l’image board « 8kun » (autrefois « 8chan »). D’après les analyses effectuées, il serait progressivement monté en puissance au niveau rédactionnel, avant de devenir l’unique auteur début 2018. C’est d’ailleurs pendant ce passage de relais que les messages de Q ont totalement migré de 4chan vers 8kun.

Les deux personnes ont nié en bloc être les auteurs des messages de Q. Selon M. Furber, Q aurait tellement eu d’influence que beaucoup de personnes, y compris lui-même, auraient commencé à imiter son style. De son côté, M. Watkins a simplement dit : « Je ne suis pas Q ». Mais le fait que deux équipes indépendantes aient trouvé le même résultat avec des méthodes différentes ne laisse que peu de doute possible.

Des taux de concordance supérieurs à 93 %

Les experts se sont appuyés sur un corpus de 100 000 mots écrits par Q et de 12 000 mots pour 13 autres internautes sélectionnés parmi les adeptes de QAnon. L’équipe suisse a découpé les textes de Q en morceaux de trois caractères pour y déceler des motifs répétitifs, tout en analysant la complexité du vocabulaire et de la syntaxe. L’équipe française a utilisé une forme d’intelligence artificielle similaire à la reconnaissance faciale pour créer des empreintes stylistiques. Au final, le taux de concordance entre Q et  Furber et Watkins était de plus de 93 %, largement supérieur à ceux des autres auteurs analysés.

Ce n’est pas la première fois que de telles analyses linguistiques sont réalisées pour trouver les auteurs de texte. En 2013, des techniques d’apprentissage automatique avaient déjà permis de révéler que l’auteur du livre policier L’appel du coucou n’était pas Robert Galbraith, mais une certaine… J. K. Rowling.

Source: The New York Times



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