Europe numérique, le pape et le Lib …

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Souveraineté numérique : Pierre Baudracco appelle l’Europe à soutenir les éditeurs

Pour Pierre Baudracco, fondateur de BlueMind et coprésident du CNLL, expose Solutions numériques, «la reconnaissance de l’open source comme levier stratégique par l’Europe marque une avancée. Mais elle restera fragile si les textes ne débouchent pas sur des achats publics mesurables, une meilleure prise en compte des usages et une vraie place donnée aux éditeurs européens.»

«Pour lui, le débat actuel a donc deux faces. D’un côté, l’Europe reconnaît de plus en plus l’open source comme un élément stratégique de sa souveraineté numérique. De l’autre, les textes restent encore trop souvent dans l’incitation, sans mécanisme assez contraignant pour peser réellement sur les choix d’achat.»

Jean-Baptiste Kempf : «Une question qui concerne les citoyens comme les entreprises»

Jean-Baptiste Kempf, le créateur de VLC, l’affirme à Paperjam, l’Europe peut bâtir des alternatives crédibles aux géants technologiques américains, à condition d’investir massivement dans l’open source et les infrastructures numériques: «On devrait mettre de l’argent et arrêter de n’acheter que des solutions étrangères. C’est une question qui concerne les citoyens comme les entreprises. Au début, il faut parfois prendre un risque.

Ce ne sera pas aussi bien que les solutions dominantes, mais ce n’est pas grave. L’important est de réinjecter de l’argent dans l’écosystème technologique européen. Évidemment, tout cela se joue à l’échelle européenne. Les sommes sont énormes, mais rapportées à la taille de l’Europe, elles ne le sont pas tant que ça.»

La tour de Babel: une référence du pape au logiciel libre ?

La très riche encyclique du pape Léon XIV sur l’intelligence artificielle contient-elle une référence au Libre? Un article du quotidien catholique La Croix le dit: «Certains ont cru lire, entre les lignes de l’encyclique, un éloge de l’Internet libre et des « communs numériques ». « Cette manière qu’a le pape d’opposer la tour de Babel et la reconstruction de Jérusalem par le peuple (Néhémie 2-6, NDLR) évoque La Cathédrale et le bazar (1999), le texte fondateur du logiciel libre », observe Kevin Mellet, professeur de sociologie à Sciences Po Paris.

« La cathédrale, c’est le logiciel fermé, l’opacité, le privé, le profit. Le bazar, c’est le logiciel libre, en open source, que chacun peut contribuer à édifier. » Comme un écho à la subsidiarité et la destination universelle des biens prônées par le pape.

« Sauf que dans le monde de l’Internet libre, personne n’a les moyens financiers de développer un LLM», balaie le chercheur Christophe Masutti (il a contribué à l’ouvrage collectif « Pour une nouvelle écologie de l’industrie », qui vient d’être publié aux éditions C&F), membre administrateur de Framasoft. Le seul usage bénéfique d’un LLM qu’il identifie serait la génération d’un code informatique « libre » et sécurisé.»

Et si on parlait des communautés toxiques?

«Communautés tech toxiques, faudrait en parler à un moment», propose le blogueur Korben. «spécialisé en informatique, cybersécurité et culture geek»: «Une grande partie des communautés autour du logiciel libre, de Linux, du dev… etc. sont devenues des endroits franchement hostiles. Des clubs fermés, peuplés quasi exclusivement de mecs, qui passent leur temps à expliquer aux autres qu’ils sont de gros nuls, qu’ils posent des questions de noobs, ou encore qu’ils ne tapent pas sur leur clavier comme il faut et j’en passe… Oui je parle bien entre autres du fameux barbu Linux qui vous toise parce que vous utilisez Ubuntu et pas Arch que vous avez compilé à la main.»

De Linus Torvalds admettant en 2018 que ses attaques publiques contre des développeurs sur la mailing list du kernel étaient «non professionnelles et injustifiées» et ont «possiblement complètement chassé» des contributeurs du développement, à plusieurs exemples documentés – une étude de 2017 sur GitHub montrant que le code proposé par des femmes est davantage accepté (on peut présumer: car meilleur) SAUF quand leur genre est identifiable, auquel cas l’acceptation baisse), ou un mea culpa de Stack Overflow en 2018 «reconnaissant que trop de gens vivent le site comme hostile ou élitiste, particulièrement les codeurs débutants, les femmes et les personnes de couleur, en raison d’une culture où on apprend aux utilisateurs à critiquer sans apprendre à aider correctement».

Larry Sanger, un des deux cofondateurs de Wikipédia, en est banni à vie

Larry Sanger, l’un des deux cofondateurs de Wikipédia, s’est fait bannir à vie de l’encyclopédie en ligne, rapporte BFMTV. «Après des dizaines d’années à critiquer l’encyclopédie en ligne Wikipédia, son cofondateur n’y est désormais plus le bienvenu. En cause, sa promotion d’un projet visant à biaiser les contenus de la plateforme. 25 ans après son départ fracassant de la direction de Wikipédia, Larry Sanger y est désormais persona non grata.»

Larry Sanger «s’est rendu coupable de « canvassing », autrement dit de promotion abusive, avec l’aide d’un canal extérieur, d’un projet en vue de le faire adopter de manière détournée et en manipulant le processus de décision.» Il a soutenu le projet Wikiproject Intellectual Diversity (WID). Soutenu «par des figures de l’extrême droite américaine, WID a profité d’une promotion importante à travers différents canaux, ce qui a visiblement été la goutte de trop. Ainsi, en en faisant la promotion sur ses réseaux, Larry Sanger aurait cherché à fausser les votes.»

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