Infinite Wealth », l’odyssée burlesque d’un yakuza dans le Pacifique

Infinite Wealth », l’odyssée burlesque d’un yakuza dans le Pacifique


Née en 2005, la très culte franchise de Sega a effectué, en 2020, un virage qui l’a vue changer de nom (en Occident, elle était jusque-là connue sous le nom de Yakuza), de héros et même de genre. De jeu mêlant aventure et action, celui qu’on appelle désormais Like a Dragon s’est ainsi réinventé en jeu de rôle, dont les combats s’effectuent au tour par tour.

Like a Dragon: Infinite Wealth (disponible vendredi 26 janvier sur PC, PS5 et Xbox Series X/S), huitième épisode de la saga, marque une nouvelle étape dans les tribulations musclées du fantasque Ichiban Kasuga, toujours prêt à avoiner ciel et terre sans se départir de l’aberration capillaire qui lui sert de coiffure.

Solaire et excentrique, fascinant et instinctif, notre héros est toujours aussi prompt à faire dérailler l’aventure dans les directions les plus rocambolesques. Tout l’inverse du ténébreux Kazuma Kiryu en somme, le protagoniste historique de la série qui opère ici son grand retour, vieillissant, sombre et grisonnant. On apprend vite qu’il combat un cancer en phase terminale, prétexte à dresser, en toile de fond, la liste de toutes les choses à faire avant de mourir – une belle idée en forme de grand inventaire morbide et mélancolique.

Deux héros aux tempérament diamétralement opposés vont devoir se prêter main-forte.

Aloha maman bobo

Like a Dragon: Inifinite Wealth ne se contente pas d’arpenter les rues japonaises et, pour la première fois, se délocalise. Cap sur Honolulu (l’archipel d’Hawaï est riche d’une importante communauté japonaise) pour notre héros en quête de sa mère biologique qu’il pensait morte. Qu’on se rassure, on n’y est pas totalement dépaysé : déjà, il y est aussi compliqué qu’au Japon d’y traverser une rue sans se faire agresser par une bande de loubards castagneurs.

Le jeu attache pourtant une grande importance à dépeindre la culture locale, son rythme de vie et ses spécificités, décrivant, par sa colossale galerie de personnages secondaires, l’histoire d’un pays en proie à une grande misère sociale derrière le verni des plages dorées.

Infinite Wealth prend un malin plaisir à entremêler les situations les plus sombres à celles plus outrées, comme ce long rencard qui sert de roborative introduction, modèle du genre tant elle porte un discours féministe puissant, tout en respectant un timing comique d’une grande justesse.

C’est par ces chassés-croisés et ses variations de tempo et de tons que le jeu prend toute son ampleur, composant progressivement une invraisemblable ode au pathétique. Like a Dragon: Inifinite Wealth, et c’est sa grande politesse, fait cas de chaque destin. Les personnages secondaires ne le sont plus.

Le karaoké, lieu et moment pour cimenter les relations sociales. Après cela, vous pourrez lancer le verre de l’amitié.

Hawaï kawaï ?

Si la saga propose désormais un système de combat au tour par tour, elle redouble d’inventivité pour en intensifier le dynamisme, dans un hommage constant aux chorégraphies des films de gangsters et d’arts martiaux. Il s’en dégage néanmoins une certaine redondance, ce que le jeu atténue en ne ratant jamais une occasion de s’égarer dans d’étourdissantes activités annexes et mini-jeux.

D’une réactualisation de Crazy Taxi en livreur à vélo virevoltant jusqu’aux combats de Sujimon (variation humanoïde ubuesque de Pokemon), en passant par une parodie d’application de rencontres ou encore la gestion d’une station balnéaire façon Animal Crossing : d’un bout à l’autre, l’aventure se fait régulièrement papillonnage.

Le Monde

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Récit burlesque pas toujours aimable dans son rythme, capable d’être outrancièrement bavard comme frénétiquement bouffon, Like a Dragon: Infinite Wealth s’impose comme une odyssée tragicomique foisonnante, malade et captivante. Peinture du désenchantement sous le soleil du Pacifique, la saga n’a pourtant jamais été aussi rayonnante.

Se retrouver complètement nu et détroussé sur une plage, voilà ce qui peut vous attendre au beau milieu du Pacifique.

L’avis de Pixels

On a aimé :

  • la découverte d’Honolulu et ses innombrables histoires ;
  • Ichiban Kasuga, héros dément à la bonté inébranlable ;
  • le sens aiguisé de la comédie ;
  • la durée de vie colossale (l’auteur de ces lignes y a passé une soixantaine d’heures).

On a moins aimé :

  • les combats qui peuvent être répétitifs à la longue.

C’est plutôt pour vous si :

  • le port de la chemise hawaïenne ne vous fait pas peur ;
  • vous aimez être surpris quand vous jouez à un jeu vidéo.

Ce n’est plutôt pas pour vous si :

  • vous avez une aversion pour les longues séquences cinématiques ;
  • vous êtes allergique à l’humour « WTF » japonais ;
  • vous comptiez faire quelque chose de votre mois de février.

La note de Pixels :

11 heures de décalage horaire sur 12.



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