La Chine dévoile un coupe-câbles sous-marins capable de « perturber » Internet dans le monde entier

Cables Sous Marins



La Chine a développé un outil capable de sectionner des câbles sous-marins à 3 500 mètres de profondeur. Testé en mer, le coupe-câbles, présenté comme un outil de maintenance industrielle, pourrait-il servir à des opérations de sabotage d’Internet ?

La Chine vient de mettre au point un engin capable de sectionner des câbles sous-marins. Pour tester l’outil, le ministère chinois des Ressources naturelles a intégré le coupe-câbles à un navire de recherche, le Haiyang Dizhi 2. Celui-ci vient de revenir d’une expédition expérimentale de 30 jours. Durant ces quatre semaines en mer, le navire a pu tester l’outil. Il s’avère que l’engin est capable de sectionner un câble à 3 500 mètres de fond. En d’autres termes, la grande majorité des câbles peuvent être sectionnés par cette innovation chinoise.

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La Chine parle d’un simple instrument de maintenance

Le coupe-câbles repose sur un actionneur électro-hydrostatique, une technologie développée par des scientifiques de l’université du Zhejiang, et dérivée de l’industrie de l’aéronautique. En clair, il s’agit d’une puissante pince mécanique capable de résister à la pression des fonds marins et de sectionner un câble en appliquant une force équivalente à plusieurs dizaines de tonnes. De taille réduite, l’engin peut être transporté par un drone marin télécommandé.

Officiellement, les autorités présentent le coupe-câbles comme un équipement de maintenance pour les plateformes pétrolières et les câbles offshore, qui y sont reliés. Pour Pékin, il s’agit exclusivement d’un outil de maintenance industrielle, utile par exemple pour déconnecter une vieille conduite ou démanteler une plateforme pétrolière abandonnée.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la Chine développe ce type de technologie. En mars 2025, des chercheurs d’un institut chinois avaient présenté une scie circulaire fixée sur un bras articulé, fabriquée en alliage de titane, capable de couper des câbles jusqu’à 4 000 mètres de profondeur. Quelques années plus tôt, l’université de Lishui avait déposé le brevet d’un dispositif en forme d’ancre conçu pour sectionner des câbles en les remorquant.

Un danger pour l’Internet mondial ?

La dernière innovation chinoise en matière de découpage de câbles sous-marins suscite de vives inquiétudes. Pour de nombreux observateurs, la technologie intégrée à bord du Haiyang Dizhi 2 pourrait également servir à saboter les câbles sous-marins de fibre optique, qui sont indispensables au fonctionnement d’Internet. Chargés d’acheminer le trafic Internet et les télécommunications à travers le monde, ces câbles de fibre optique sont déposés au fond des océans et relient les continents entre eux, sur des centaines de milliers de kilomètres. Ils transportent plus de 95% des données qui circulent sur Internet, des communications bancaires aux appels téléphoniques internationaux, en passant par les services cloud. Lorsqu’un câble est endommagé, c’est tout un pays qui est susceptible de se retrouver privé de connexion Internet.

On rappellera que des navires chinois ont plusieurs fois été accusés de sabotage ces dernières années. Fin 2024, un navire venu de Chine, le Yi Peng 3, a traîné son ancre au fond de la mer Baltique sur plus de 160 km, endommageant deux câbles essentiels aux télécommunications. L’enquête a démontré que le gouvernement chinois n’était pas à l’origine de l’opération. Les soupçons se sont plutôt tournés vers la Russie. Un an plus tard, trois nouveaux câbles ont été coupés en mer Baltique. Le commandement de la Défense finlandaise a publiquement pointé du doigt la Russie. Depuis 2023, ce sont au moins dix câbles sous-marins en mer Baltique qui ont été coupés ou endommagés.

Pour Wendy Chang, analyste à l’Institut Mercator d’études chinoises en Allemagne, la Chine est néanmoins impliquée dans « des opérations obscures impliquant des ancres trafiquées » à des fins de sabotage. L’annonce « d’équipements permettant de sectionner des câbles blindés » ne peut que susciter la méfiance et semer le doute sur les véritables intentions de Pékin. Selon elle, la Chine veut « faire savoir au monde qu’elle est capable de perturber des infrastructures critiques si nécessaire »

Les câbles sous-marins de Taïwan

Sur le papier, le coupe-câble pourrait servir dans le cadre du conflit entre la Chine et Taïwan. Les télécommunications de l’île de Taïwan, qui est revendiquée par Pékin, reposent en effet sur 24 câbles sous-marins de fibre optique. Si ceux-ci venaient à être endommagés, l’île pourrait se retrouver coupée du monde. Notez que l’infrastructure sous-marine qui assure les communications à Taïwan a déjà été victime d’une série d’incidents troublants par le passé.

En février 2023, deux navires chinois ont sectionné deux câbles reliant Taïwan à la Chine continentale et aux États-Unis, près des îles Matsu. Les autorités taïwanaises indiquent que les deux navires ont volontairement jeté l’ancre dans le fond marin avant de repartir, traînant leurs ancres sur les câbles sur des kilomètres. Pékin parle d’un simple « accident » et accuse Taïwan de « manipuler » l’incident à des fins politiques. D’autres accidents de ce genre ont été recensés par la suite.

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Source :

Ars Technica



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