Les NFT du Centre Pompidou exposés au cœur de la collection permanente

Les NFT du Centre Pompidou exposés au cœur de la collection permanente


« NFT. Poétiques de l’immatériel, du certificat à la blockchain » : le titre de cette petite présentation du Centre Pompidou peut intriguer autant que décourager. Smart contract, crypto art, post-Internet, collectibles, Web3, art génératif on-chain ou off-chain… Etre un peu au fait du lexique lié aux NFT, ces fameux tokens (« jetons ») non fongibles sécurisés par la technologie de la blockchain (« chaîne de blocs »), ne sera en tout cas pas superflu pour apprécier la visite sans buter sur le vocabulaire. L’univers des NFT reste en effet un domaine complexe, mais plein de « fraîcheur », selon Marcella Lista, conservatrice en chef des collections nouveaux médias du Musée national d’art moderne.

L’exposition, largement composée d’écrans, tient en deux petites salles, immergées dans les collections, et réunit l’ensemble des dix-huit œuvres relatives à la blockchain, dont seize NFT, qui ont été acquises en début d’année par l’institution.

« Ce n’est pas une expo spectaculaire pour célébrer un nouvel art dont nous serions une instance de légitimation, précisent les commissaires, Marcella Lista et Philippe Bettinelli. Dans cette sélection, on s’est intéressés à la façon dont les artistes pointent du doigt ce nouveau modèle d’économie artistique. »

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Très cohérent, l’ensemble rassemble les œuvres de treize artistes ou duos aux profils très différents, issus de l’art numérique, du crypto art ou de l’art contemporain. Chacun aborde les particularités de l’économie décentralisée et la question de la valeur de l’art par des stratégies critiques variées, souvent pleines d’humour, sur les formes masquées de la finance, les questions d’écologie, le droit d’auteur, la fabrication artificielle de la rareté ou la critique institutionnelle.

Bouquets de fleurs hackées

L’exposition ouvre avec un pionnier du Net art, Fred Forest, qui, en 1996, a vendu la première œuvre purement numérique aux enchères dans une maison de ventes. Un travail qu’il a repris en 2021 sous forme de NFT, sous le nom de « NFT-Archeology ». On retrouve le savoureux Bitchcoin de la Franco-Américaine Sarah Meyohas, l’un des tout premiers exemples d’œuvre « tokenisée », offrant en 2015 aux collectionneurs la possibilité d’investir dans une monnaie numérique adossée à des œuvres physiques. En 2021, Sarah Meyohas relançait le projet en rattachant les jetons à des pétales de rose numérisés, en écho au krach du cours de la tulipe, première crise du capitalisme, au XVIIe siècle.

Vue de l’exposition « NFT. Poétiques de l’immatériel, du certificat à la blockchain » au Centre Pompidou, à Paris, le 13 avril 2023.

Robness, artiste autodidacte californien et l’une des personnalités les plus actives du crypto art, côtoie un CryptoPunk du duo d’informaticiens de Larva Labs, inventeurs en 2017 de ces iconiques figures pixélisées qui ont joué un rôle décisif dans la diffusion de la technologie NFT. Les pièces de l’artiste polonaise Agnieszka Kurant et de l’Américaine Jill Magid questionnent la capitalisation des émotions dans le monde virtuel. La première, à travers l’histoire des conventions monétaires, avec un fascinant projet de datas transformées en roche faite de « sentimentite », à la présence à la fois physique et numérique ; la seconde, par le prisme de l’économie du gameplay, avec ses bouquets de fleurs cueillies hackées dans des jeux vidéo.

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