Shein, Temu, AliExpress… 60 % des adaptateurs et chargeurs contrôlés sont dangereux, selon la Répression des fraudes

Shein, Temu, AliExpress... 60 % des adaptateurs et chargeurs contrôlés sont dangereux, selon la Répression des fraudes



L’heure de la « mobilisation générale » : après l’affaire des poupées gonflables sur Shein, Bercy lance une nouvelle cellule de surveillance et d’action visant à réduire les cas de produits dangereux ou non conformes présents sur les plateformes de e-commerce. Selon les investigations de la Répression des fraudes menées l’année dernière sur une trentaine de sites, 75 % des produits testés se sont révélés non conformes, 46 % sont considérés comme dangereux. Pour les produits électriques, les résultats sont pires.

« C’est la première fois qu’on a des acteurs qui contournent à ce point les règles » : Bercy a annoncé, ce mercredi 29 avril, la création de « VigE-Commerce », une cellule de surveillance des sites de e-commerce comme Shein, Temu, AliExpress, Wish ou Joom, accusés de ne pas respecter les normes européennes en matière de sécurité et de concurrence.

Après l’affaire des poupées pornographiques et des armes vendues sur la plateforme chinoise Shein, après l’échec en justice du gouvernement, cette nouvelle cellule, réunie pour la première fois ce mercredi matin et supervisée par les « trois ministres concernés par cette question, donc Roland Lescure (Économie), Serge Papin (Commerce) et Anne Le Henanff (IA et Numérique) », permettra de mieux « lutter contre les dérives des plateformes de e-commerce », a précisé Bercy lors d’un brief destiné aux journalistes, donné ce jour.

La cellule interministérielle a vocation à « créer un réseau de surveillance » sur chaque plateforme, à « avoir une organisation prête, mobilisable en cas de gestion de crise », et à « cartographier les pouvoirs de (chaque administration) pour essayer d’améliorer encore un peu la réponse de l’État ». Elle sera composée de membres d’une vingtaine d’administrations comme la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM), la Direction générale de l’aviation civile ou encore les Douanes.

« 46 % des produits analysés étaient dangereux, présentant des risques pour la sécurité des consommateurs »

L’idée est de multiplier les injonctions de mise en conformité envoyées aux places de marché. Car malgré les alertes et les signalements, la conformité aux normes européennes ne s’améliore pas sur les sites de e-commerce – des plateformes de plus en plus plébiscitées par les Français. « En 2025, 80 % des Français ont consulté chaque mois au moins un des sites ou une des applications des 20 plus grandes plateformes de e-commerce », a précisé le porte-parole de la DGCCRF pendant le brief.

Pour preuve, la Répression des fraudes publie ce jour les résultats de ses investigations menées en 2025, année pendant laquelle ont été contrôlées « 30 plateformes, dont 16 étrangères ». « Sur près de 600 produits déjà analysés par le Service Commun des Laboratoires (SCL), 75 % se sont révélés non conformes, principalement pour des défauts d’étiquetage », comme l’absence de notice en langue française, ou l’absence de marquage CE.

« 46 % des produits analysés étaient dangereux, présentant des risques pour la sécurité des consommateurs », note la DGCCRF dans son communiqué publié ce jour. « Cette dangerosité a amené à ce qu’on fasse retirer 100 000 produits qui étaient déjà arrivés chez des consommateurs », précise Bercy.

Pour les produits de la tech testés, 60 % à 81 % d’appareils dangereux

Pour le secteur de la tech, des produits électroniques pouvant « présenter des risques d’accident », « comme des risques de choc électrique », « qui peuvent éventuellement causer des risques d’incendie », ont été passés au crible. Et les résultats sont peu encourageants.

  • Sur les 15 adaptateurs/chargeurs électriques testés, 100 % des produits étaient non conformes, 60 % étant considérés comme dangereux.
  • Pour le petit électroménager de cuisine, et les autres produits électriques, 16 appareils ont été analysés : tous étaient non conformes, et 13 d’entre eux (81 %) ont été considérés comme dangereux.
  • Des résultats similaires ont été trouvés pour les luminaires et les guirlandes, ainsi que les appareils dédiés à la coiffure. Sur la cinquantaine de sèche-cheveux et de lisseurs, tous ont été déclarés non conformes. 37 d’entre eux étaient dangereux. « On a un exemple de sèche-cheveux électrique qui n’était pas suffisamment isolé et dont la soudure peut facilement se détériorer », a précisé le porte-parole de la DGCCRF.

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« Des tests chimiques, mécaniques ou électriques »

En pratique, les enquêteurs se sont glissés dans la peau d’un consommateur lambda, vérifiant quelles informations étaient accessibles lors du parcours d’achat afin d’identifier « les fausses promotions, les allégations trompeuses, les mécanismes d’incitation à l’achat, la conformité des étiquetages et des marquages ». Après la phase d’achat, les produits ont subi « des tests chimiques, mécaniques ou électriques selon la nature des produits ».

Les efforts se sont concentrés sur « sept plateformes de commerce électronique étrangères », qui n’ont pas été nommées. D’autres produits n’entrant pas dans le champ de la tech (jouets pour enfants, textiles, bijoux fantaisie) ont aussi été testés. Et ce que montre cette enquête, insiste Bercy, c’est que « l’absence de contrôle est bien systémique ».

« C’est le modèle de ces plateformes qui amène à la mise en danger des consommateurs », ont ajouté les cabinets de Bercy, avant de poursuivre : « Quand on est à 70 % de non-conformité, on n’est pas dans l’exception. C’est un élément du modèle économique (…) parce qu’en fait, faire respecter les normes, ça coûte de l’argent pour les entreprises. Ça implique de mettre en place des process qualité, des process de vérification, des vigies de ce qui est mis en ligne, du contrôle aussi des pratiques commerciales au sein des entreprises »… autant d’éléments visiblement absents, aujourd’hui, des plateformes de e-commerce testées.

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