Et si votre entreprise créait un double numérique de vous pour continuer à travailler une fois que vous avez démissionné ? C’est l’expérience un peu folle que mène actuellement une société chinoise.
On a tous déjà plaisanté sur le fait d’être un jour remplacé par une machine, mais aujourd’hui, une étape semble avoir été franchie. Dans la province chinoise du Shandong, une entreprise de jeux vidéo a décidé de transformer un ancien employé des ressources humaines en « travailleur numérique ». L’employé ne travaille plus dans l’entreprise, mais son avatar IA reste pour assurer les affaires courantes.
Un clone numérique pour gérer la paperasse
Ce nouvel « employé » n’est pas une intelligence artificielle générique, mais un avatar spécifiquement entraîné sur les dossiers, les documents et les habitudes de travail de l’ancien salarié, qui a donné son accord. En pratique, quand un collègue interagit avec lui via une fenêtre de chat, l’avatar IA se présente. Il explique qu’il répondra en se basant sur les données qu’il a traitées lorsqu’il était encore « en chair et en os » au sein de l’entreprise. Pour l’instant, il se cantonne à des tâches assez basiques et répétitives : répondre à des demandes de renseignements, prendre des rendez-vous, ou encore faire des présentations PowerPoint et remplir des tableaux Excel.
Xiaoyu, une employée de la firme, raconte d’ailleurs avec une pointe d’ironie que c’est assez étrange de voir son ancien collègue, avec qui elle plaisantait la veille, devenir une IA le lendemain. L’entreprise, qui compte une centaine de collaborateurs, précise toutefois que l’outil est encore en phase de test en interne, car l’avatar numérique est encore « un peu maladroit » dans ses interactions.
Des robots à l’accueil et des questions juridiques épineuses
La direction de l’entreprise ne compte pas s’arrêter là et envisagerait de développer, à terme, des robots humanoïdes pour assurer l’accueil, l’orientation des visiteurs et la gestion des rendez-vous dans les locaux. Interrogé pour l’occasion, Fu Jian, un avocat spécialisé, rappelle que vos historiques de chat, vos mails professionnels et vos méthodes de travail sont légalement des informations personnelles.
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Utiliser ces données pour entraîner une IA sans une autorisation explicite et précise pourrait être considéré comme une violation de la vie privée. En Chine, si une entreprise joue avec ces informations sans accord, les sanctions peuvent être lourdes et grimper jusqu’à sept ans de prison. Sur les réseaux sociaux, certains internautes demandent avec sarcasme que l’ex-salarié touche des droits d’auteur sur son propre clone numérique, d’autres y voient un pas inquiétant vers une déshumanisation totale du travail : « Super. L’humanité vient de faire un pas de plus vers sa propre destruction. »
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Source :
South China Morning Post